I. Puylaurens, Histoire des Albigeois
l'avait su et vu le légat, et qu'il n'entendait point faire d'autre accommodement avec le légat; que les messagers pouvaient donc bien s'en retourner avec cette réponse vers leur seigneur le légat, car il était décidé à aller à Rome vers le saint-père, si le légat et le comte de Montfort le voulaient vexer, lui et sa terre. On a dit souvent qu'à mauvais service revient tel guerdon, et c'est ce qui arriva au comte Raymond, après qu'il eut pris peine et travail pour le légat et son armée.
Quand le légat et le comte de Montfort eurent ouï la réponse que je viens de dire, ils en furent grandement marris et fâchés.
Quand donc le comte de Montfort vit, ainsi qu'on l'a dit, que le comte Raymond était déterminé à aller vers le saint-père pour son affaire, comme il voulait aussi faire un accommodement avec le comte de Foix, auquel il avait mandé la même chose, cet accommodement fut que le comte de Foix lui donnerait en otage un de ses enfants, le plus jeune de tous, jusqu'à ce qu'il se fût justifié de ce que le comte de Montfort et le légat lui imputaient touchant l'hérésie ; mais cet arrangement ne dura guère, ainsi qu'il sera dit ci-après.
Premièrement le comte Raymond délibéra de passer en France vers le roi Philippe et les autres princes, pour leur dire le grand tort et outrage que le comte de Montfort lui voulait faire ainsi que le légat.
Il fit tant, qu'il arriva en France avec toute sa suite. Il trouva le roi Philippe en compagnie du duc de Bourgogne, du comte de Nevers, de la comtesse de Champagne et autres seigneurs et princes; tous firent bonne chère au comte Raymond et à sa compagnie, surtout la comtesse de Champagne. Quand ils eurent ouï tout au long ce que leur avait à dire le comte Raymond, et comment il s'en allait de là à Rome pour se plaindre et montrer la violence que lui voulaient faire le légat et le comte de Montfort, tous lesdits seigneurs et princes furent grandement courroucés contre ceux-ci. Quand il eut un temps séjourné avec le roi et les princes, le comte Raymond prit congé d'eux pour s'en aller à Rome ; lesdits princes et seigneurs, et le roi lui-même, chacun pour sa part, en écrivirent au saint-père en sa faveur, comme s'il se fût agi de leur propre affaire. Il partit et alla vers Rome, et fit
tant, qu'il y arriva. Quand il y eut demeuré quelques jours, il vint devers le saint-père, avec qui étaient alors beaucoup de cardinaux et autres gens, lesquels reçurent fort honorablement le comte Raymond, qui leur démontra le grand tort que le légat et le comte de Montfort lui voulaient faire, malgré tous les traités faits et passés entre eux. « Et voici, dit le comte Raymond, un des capitouls de Toulouse qui vous le certifiera mieux pour véritable. » Le saint-père, ayant donc ouï les plaintes et griefs du comte Raymond et du capitoul, en fut très fâché et marri, vu qu'il lui avait donné auparavant son absolution et s'était accommodé avec lui. 11 prit donc le comte Raymond par la main, l'ouït en confession, et lui donna encore une fois son absolution en présence de tous les cardinaux et autres, lui fit adorer et baiser la sainte Véronique, et lui donna de nouveau des lettres de paix et d'abolition.
Quand le comte eut ainsi séjourné un certain temps à Rome, il s'en voulut partir et retourner en ses terres. A son départ, le saintpère lui fit don d'un très beau et riche manteau et d'un anneau précieux et de grande valeur qu'il portait à son doigt. Le comte Raymond et sa compagnie firent tant, qu'ils arrivèrent à Toulouse, dont tout le peuple fut joyeux et plein d'allégresse, et aussi tout le pays, lorsqu'on sut qu'il était revenu et arrivé à Toulouse. Il assembla aussitôt son conseil et le peuple de Toulouse, leur dit tout ce qu'avait fait avec lui le saint-père, montrant à tous l'absolution et les lettres de paix qu'il lui avait de nouveau données et confirmées. Il leur fit voir aussi le manteau et l'anneau que le saint père lui avait donnés à son départ, ce qui causa parmi le peuple une telle joie et allégresse, qu'on n'en avait jamais vu de pareille ; et ainsi alla le comte Raymond par tout son pays, répétant les mêmes choses qu'il avait dites aux gens de Toulouse, ce dont tous se réjouissaient grandement. Il alla même trouver le légat et le comte de Montfort pour leur faire savoir son accommodement avec le saint-père, ce dont par semblant ils se montrèrent joyeux et contents, bien qu'ils fussent au contraire fort marris et ébahis. A cette heure le légat et le comte de Montfort firent mine d'être bons amis et intimes avec le comte Raymond, et lui promirent de l'aider dorénavant envers et contre tous, dont le comte Raymond et ses sujets furent grandement réjouis et contents.
Or l'histoire dit qu'en ce temps, pendant que tout ceci se passait, il se trouvait y avoir à Toulouse un évêque, appelé Foulques, lequel était très mauvais homme, ainsi qu'il le montra bien à la ville de Toulouse. Cet évêque alla vers le légat et fit tant per fas et nef as, qu'il engagea le légat et le comte de Montfort à venir un jour à Toulouse pour recevoir l'hospitalité du comte Raymond, et, quand le comte les eut grandement festoyés à Toulouse, ledit évêque convint avec eux d'une cruelle trahison, ainsi qu'il le montra à la fm.
Quand donc le légat eut séjourné dans Toulouse un certain temps avec le comte de Montfort et sa compagnie, ledit évêque, montrant au comte Raymond de grandes marques d'amour, vint un jour lui dire : « Seigneur, vous voyez la grande amitié qu'il y a à présent entre vous, le légat et le comte de Montfort; je vous promets bien que, si aucun voulait à cette heure vous faire mal et déplaisir, ils y mettraient corps et biens pour vous défendre, vous et votre pays. Il me semble, seigneur, que pour les entretenir en l'amitié qu'ils ont conçue pour vous, si vous bailliez le château de Narbonne au légat pour y faire sa demeure, vous et la ville n'en seriez que mieux. » Le comte Raymond, ayant ouï ceci sans penser à aucun mal, ainsi que le faisait le maudit évêque, et sans demander conseil ni avis à ses gens, bailla et délivra, selon la volonté de l'évêque, le château de Narbonne au comte de Montfort, de quoi il se repentit trop tard; mais, comme on le dit volontiers et en langage ordinaire, qui seul conseille, seul se repent : ce qui arriva au comte Raymond ; car, pour avoir livré le château à la persuasion dudit évêque, il en coûta la vie à plus de mille hommes, sans compter le reste : ce qui fut un grand péché que fit là l'évêque de Toulouse.
Quand le légat eut entre ses mains la seigneurie du château de Narbonne, il y mit bonne garnison de ses gardes pour le garder et défendre, si besoin en était, dont tout le peuple de Toulouse, grand et petit, eut au cœur courroux et déplaisir, voyant que le comte Raymond avait livré de cette manière le château au légat et au comte de Montfort, car ce château faisait toute la défense de la ville et le lieu de refuge du peuple. Le comte Raymond avait agi quasi comme ne sachant ce qu'il faisait et disait ; car l'évêque l'avait tellement enjôlé et abusé par ses paroles, qu'il avait suivi son con-
seilsans penser au mal qui lui en devait revenir, comme il sera dit en son lieu.
Quand le légat fut maître du château de Narbonne et que le comte
Porte de Béziers à Narbonne, d'après une photographie.
de Montfort eut conquis certaines places et forteresses qui lui résistaient encore, le légat manda au comte Raymond que tout incontinent il vînt par devers lui en son concile, qui se tenait à Saint-Gilles en Provence. Le légat, à l'instigation de l'évêque de Toulouse, qui ne cessait de chercher à faire mal, avait assemblé en ce lieu un grand concile contre le comte Raymond pour lui ôter sa
terre, nonobstant tous les accommodements qu'on a dits et rapportés. Le comte Raymond y alla, comme vrai fidèle et obéissant à l'Eglise, n'imaginant pas ce qu'ils voulaient faire. Les uns accusèrent et chargèrent le comte Raymond; les autres le justifièrent, alléguant son accommodement et l'absolution qu'il avait eue du saint-père, et aussi qu'il s'était présenté et se présentait encore comme vrai fidèle, obéissant à l'Eglise, et qu'on ne lui devait pas chercher querelle comme faisait le légat; que cela était chose mal faite, puisque le comte avait remis au légat, de son bon gré, vouloir et volonté, le château Narbonnais de Toulouse, qui était la plus forte place de tout le pays ; en sorte que le légat n'avait cause ni raison de le molester et le perdre, ainsi qu'il le faisait ou voulait faire. Il arriva par là que le concile se sépara pour cette fois sans rien faire , et le comte Raymond, averti de ce qui s'était passé, fit incontinent trousser et charger son bagage, et se mit en chemin pour retourner vers Toulouse, afin d'y donner ordre et de pourvoir à toutes choses, car il voyait bien que contre tout droit et raison le légat lui voulait prendre malicieusement sa terre, ainsi qu'il en avait délibéré.
Comme le comte Raymond s'en retournait vers Toulouse, il trouva et rencontra à Narbonne le roi d'Aragon, son beau-frère, qui venait vers lui pour le voir, et après qu'ils eurent parlé ensemble et se furent festoyés un certain nombre de jours, ils se départirent, et le roi s'en retourna en son pays, bien dolent et plein de fâcherie de ce que son frère lui avait dit et raconté du légat et de ce qu'il lui voulait faire. Quand donc le légat fut averti que le comte Raymond s'en était allé, il lui manda par un autre messager que tout incontinent et sans retard il eût à se trouver à Arles, où le concile devait se réunir; et le légat manda aussi au roi d'Aragon qu'il eût à s'y trouver sans y contredire, afin de voir et ouïr ce qui serait décidé dudit Raymond, auquel mandement le roi et le comte ne manquèrent pas d'obéir et se rendirent aussitôt à Arles. Mais, lorsqu'ils y furent arrivés, le légat leur fit ordonner de rester en leur logis jusqu'à ce qu'il les mandât.
Cependant le concile ayant délibéré, la résolution fut portée et envoyée au comte par un député du concile. Ils n'avaient osé
le déclarer en audience publique, car ils savaient bien que leur résolution était contre Dieu et la conscience; elle contenait ce qui suit :
Premièrement, que le comte donnera congé incontinent à tous ceux qui sont venus lui porter aide et secours ou viendront lui en porter, et les renverra tous, sans en retenir seulement un seul;
Item. Qu'il sera obéissant à l'Église, fera réparation de tous les maux et dommages qu'elle a reçus, et lui sera soumis tant qu'il vivra, sans aucune contradiction;
Item. Que dans tout son pays il ne se mangera que de deux espèces de viandes;
Item. Que le comte Raymond chassera et rejettera hors de ses terres tous les hérétiques et leurs alliés;
Item. Que ledit comte baillera et délivrera entre les mains desdits légat et comte de Montfort, pour en faire à leur volonté et plaisir, tous et chacun de ceux qu'ils lui diront et déclareront, et cela dans le terme d'un an ;
Item. Que dans toutes ses terres qui que ce soit, tant noble que homme de bas lieu, ne portera aucun vêtement de prix, mais rien que de mauvaises capes noires;
Item. Qu'il fera abattre et démolir en son pays jusqu'à ras de terre et sans en rien laisser tous les châteaux et places de défense ;
Item. Qu'aucun des gentilshommes ou nobles de ce pays ne pourra habiter dans aucune ville ou place , mais vivront tous dehors aux champs comme vilains et paysans;
Item. Que dans toutes ses terres il ne se payera aucun péage, si ce n'est ceux qu'on avait accoutumé de payer et lever par les anciens usages;
Item. Que chaque chef de maison payera chaque année quatre deniers toulousains au légat ou à ceux qu'il aura chargés de les lever ;
Item. Que le comte fera rendre tout ce qui lui sera rentré des revenus de sa terre et tous les profits qu'il en aura eus;
Item. Que, quand le comte de Montfort ira et chevauchera par ses terres ou pays, ou aussi quelqu'un de ses gens, tant petits
que grands, on ne lui demandera rien pour ce qu'il prendra, ni ne lui résistera en quoi que ce soit;
Item. Que, quand le comte Raymond aura fait et accompli tout ce que dessus, il s'en ira delà la mer pour faire la guerre aux Turcs et infidèles dans l'ordre de Saint-Jean, sans jamais en revenir que le légat ne le lui ait mandé ;
Item. Qiie, quand il aura fait et accompli tout ce que dessus, toutes ses terres et seigneuries lui seront rendues et livrées par le légat ou le comte de Montfort, quand bon leur semblera.
Lorsque le comte Raymond eut entendu ces conditions, il se prit à rire du grand divertissement qu'il en eut et les montra à son beau-frère le roi d'Aragon, qui lui dit : « Vous en avez pour votre compte. » Le comte Raymond donc, sans prendre ni demander congé du légat et du concile, partit d'Arles, prit la route de Toulouse, et le roi s'en alla aussi dans son pays. Dès que le comte Raymond fut arrivé à Toulouse, il fit incontinent appeler une assemblée générale de la ville , tant les petits que les grands, et leur dit et montra à tous les conditions du légat, les leur faisant ouïr en plein auditoire, en sorte que tout le monde les entendit mot à mot et sans qu'il y manquât rien, pas un mot seulement. Quand ces conditions eurent été lues et déclarées, et que le peuple les eut aussi bien entendues, il n'est pas besoin de demander s'ils furent tous courroucés et marris : chacun disait qu'avant d'y consentir il se laisserait écorcher tout vif; et quand le comte Raymond les entendit parler et dire ainsi, il fut grandement joyeux et content d'eux. Aussi parlèrent de même Montauban, Castel-Sarrazin et les autres places où le comte Raymond alla lui-même de sa personne pour faire savoir aux habitants ce que le légat et le comte de Montfort prétendaient exiger d'eux.
Quand le comte Raymond vit le bon vouloir et les bonnes dispositions de ses sujets, il s'en retourna vers Toulouse; de là il écrivit à tous ses amis, alliés et sujets, que chacun voulût lui donner conseil et secours pour garder et défendre sa terre, que lui voulaient ôter le légat et le comte de Montfort, et d'où ils le voulaient chasser, comme il le leur mandait tout au long, car
il devinait bien ce que faisaient le légat et le comte de Montfort, d'autant que toujours l'évêque de Toulouse les envenimait au lieu de les apaiser.
Quand les seigneurs à qui le comte Raymond avait écrit virent et entendirent ce que le légat et le comte de Montfort voulaient faire audit comte Raymond, lequel était grandement aimé et allié de tout le monde, les Basques et les gens de Béarn et ceux de Comminges vinrent à son appel, et aussi le comte de Foix et les gens du pays de Carcassonne, car il y en avait encore beaucoup, et vint aussi Savary de Mauléon, lesquels arrivèrent, amenant beaucoup de monde pour assister le comte Raymond. C'était à l'entrée du carême que le comte Raymond rassemblait tout le monde. Or l'histoire Monnaie de Savary de Mauléon '.
dit que, pendant que le comte faisait
ce qu'on vient de dire, le légat envoya vers le pays de France l'évoque de Toulouse pour prêcher la croisade contre le comte Raymond, qui s'était, disait-il, révolté contre l'Eglise et avait reçu en ses terres tous les hérétiques du pays, avec lesquels il voulait faire une grande guerre contre l'Eglise et le légat, ainsi qu'il avait déjà commencé et avait tué et fait mourir une grande quantité de gens de l'Église ; ce qu'ayant ouï, quelques seigneurs se croisèrent incontinent pour venir contre le comte Raymond, ainsi que l'avait prêché l'évêque, qui, de par le légat et le saint-père, donnait à tous ceux qui se croiseraient l'absolution de tous leurs péchés. Lors se croisèrent le comte d'Auxerre, Robert de Courtenay et l'évêque de Paris. Ils s'en vinrent vers l'évêque avec une grande armée de gens qu'ils avaient levés, et firent tant qu'ils arrivèrent à la cité de Carcassonne avec l'évêque, qui les menait et conduisait, vers le légat et le comte de Montfort, auprès desquels ils furent très bien venus. Une grande armée d'Allemands vint aussi, qui fut battue par le comte de Foix devant Mont-Joyre, ce dont le comte de Montfort fut si irrité et courroucé, que, levant à cette heure son siège devant Lavaur et ayant à grand peine et après
I. SAVARICVS. Croix. Au revers, MALLEONIS. S dans le champ. —Denier, billon.
grand massacre des siens réussi à s'emparer de la place, il fit aussitôt saisir Amaury, seigneur de Montréal et autres chevaliers au nombre de quatre-vingts, qu'il ordonna de pendre tous à un gibet'. Mais, quand Amaury, le plus considérable d'entre eux, futpendu, les fourches patibulaires tombèrent, n'ayant pas été bien plantées en terre par la trop grande hâte ; alors le comte, voyant le grand délai qui s'ensuivrait, ordonna qu'on tuât les autres. Les pèlerins s'en saisirent donc très avidement et les occirent bien vite sur la place. De plus il fit accabler de pierres la dame du château, sœui d' Amaury et très entêtée hérétique, laquelle avait été jetée dans un puits. Finalement nos croisés avec une allégresse extrême brûlèrent tous les hérétiques qu'ils avaient pu prendre et qui étaient en grand nombre.
A partir de là le comte de Montfort se rendit vers le château de Montferrand, que tenait le frère du comte Raymond, nommé Baudouin, qui était un homme vaillant et hardi et bien connu de toutes sectes. Aussi le comte de Montfort jugea, après un premier assaut, qu'il lui serait plus facile d'avoir le château par accommodement que par force, et, demandant à voir le comte Baudouin, il lui fit entendre qu'après tout il serait obligé de se rendre, la place qu'il tenait n'étant pas forte ni défendue, et tout le reste du pays étant aux mains des croisés; qu'ainsi il valait mieux qu'il se retirât avec les siens, vies etbagues sauves. Aussi promettait le comte de Montfort, si le comte Baudouin voulait se ranger parmi les siens, qu'il lui donnerait terres et seigneuries pour s'entretenir selon son état. Le comte Baudouin entendit à tout air et rendit le château; après quoi il s'en alla trouver son frère le comte Raymond et lui conta ce qu'il avait fait. Celui-ci en eut si grande fâcherie, que, s'il eût perdu toute sa terre, il n'en eût pas été plus marri et courroucé, et dit à ceux qui étaient sortis de Montferrand qu'ils allassent où ils voudraient et sortissent de devant lui, et même il dit à son frère qu'il ne le voulait plus voir en lieu oii il serait, puisqu'il s'était accordé avec son ennemi mortel et lui avait fait serment de fidélité. Le comte Baudouin s'en alla donc àBruniquel, lequel appartenait à son frère, et, lorsque le comte de Montfort se présenta pour assiéger la
I, Pierre de Vaux-Cernay, Histoire des Albigeois.
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place, il le requit et supplia de la lui donner, n'ayant point d'autre lieu pour se retirer, et ainsi fit le comte, auquel se soumettait tout le pays à l'instigation de l'évêque d'Alby. Ledit évêque avait grandement travaillé pour le comte de Montfort ; le pays était tout rempli d'hérétiques ; or était à cette heure le comte de Montfort
Bruniquel, d'après une photographie.
réjoui et joyeux, carie comte de Bar venait d'arriver à son secours avec une grande armée : aussi ne parlait-on de rien moins que d'aller attaquer la ville de Toulouse.
Pendant qu'ils se préparaient à ce faire et commençaient à se mettre en chemin, un espion qui avait suivi leurs actions vint promptement à Toulouse devant le comte Raymond ^ auquel il dit et déclara tout ce qu'il avait vu et ouï, comment l'armée venait pour prendre Toulouse, et qu'ils pouvaient bien être près de Montaudran, car ils venaient par ce côté, afin de n'être pas aperçus. Quand donc le comte Raymond et les comtes de Foix et de Com-