‹ Saint Louis et son siècleChapitre 16 sur 30 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

E qui est aujourd'hui un

jeu ou du moins ce que les gouvernemenls regardent comme indigne d'être employé par eux, l'usage des ers, existait en figypte deides, avant que saint Louis

lat qui suivit le débarqueplusieurs colombes messaiéea au sultan qu'une grave un bourg, entre Damictte

Comme aucune réponse n'arrivait au chef musulman, on ne douta bientôt plus dans l'armée égyptienne que le sultan

n'eût succombé à son mal. Cette crainte répandit parmi les émirs une grande incertitude.

Quel serait le sort de chacun d'eux sous le règne qui allait commencer? afin de le savoir plus vite, plusieurs désertèrent leurs drapeaux pour courir au-devant de la fortune. Comme on le pense . le désordre dans les rangs des Sarrasins s'augmenta dès le départ de beaucoup de leurs chefs.

Quelques heures après son débarquement, l'armée chrétienne ne rencontrait plus un ennemi; et l'étendard du croissant ne s'apercevait plus que sur les tours de Damiette.

Un si grand et si éclatant avantage fut acheté si peu cher, dans le combat il y eut si peu de sang chrétien répandu, que Louis IX et ses soldats ne doutèrent plus du succès d'une entreprise guerrière qui semblait commencer par un miracle. Deux ou trois chevaliers seulement avaient péri dans la mêlée ; et parmi les seigneurs français on n'eut à regretter de morts marquants que le comte de La Marche qui, fatigué de ses vicissitudes et de ses revers passés, chercha la mort comme le malheureux cherche le repos.

Ce fut au côlc du roi, envers lequel il avait souvent été rebelle et félon qu'il tomba transpercé de deux flèches ; et i\ sa dernière heure il eut un moment de joie, car ses yeux, avant de se clore pour toujours, avaient rencontré dans les regards de Louis IX tant de mansuétude et de miséricorde, qu'il emporta là-haut la conscience d'avoir été pardonné ici-bas.

Le débarquement de l'armée chrétienne s'était effectué de six à dix heures du matin ; à midi l'oriflamme flottait sur une butte de la grève, et avant quatre heures du soir, les croisés étaient maîtres de la vaste nappe de sable qui s'étend entre le Nil et Damiette. Alors, ce ne fut plus le tumulte des armes et le cliquetis du fer contre le fer, ce ne furent plus les cris de Montjoie et SaiiU-Denis, les cris de corn-

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mandement, les cris d'allégresse des soldats francs et les cris de désespoir des soldats infidèles, qui retentirent sur la côte. Ce furent après ces gi*andes et terribles rumeui*s de la bataille, d'autres accents graves, majestueux et consolateurs, les hymnes sacrées que chantaient les prêtres autour des croix, des bannières et des reliquaires de la chapelle du roi. A l'endroit même où le monarque chrétien était tombé h genoux, le légat de Rome venait de faire dresser un autel ; et de là monta vers le ciel le chant du Te Deum, chant de victoire et de reconnaissance qu'accompagnait au lieu de l'orgue les grands et sublimes bruits de la mer.

Pendant que l'armée chrétienne accomplissait ce devoir, on apercevait entre les découpures des créneaux de Damiette, comme une ligne de feu : c'étaient les cuirasses de fer des Sarrasins sur lesquelles tombaient les rayons d'un beau soleil couchant. Des hauteurs de la ville la garnison avait pu compter les bataillons et s'assurer de la force de l'armée chrétienne. Pendant la nuit, tous ces soldats avaient quitté la ville confiée à leur garde, et, eux aussi, avaient fui vers le Caire.

Quand, devant la valeur française, l'armée de Fakreddin s'était débandée 9 beaucoup de ces fuyards, en traversant Damiette, y avaient répandu l'alarme et l'épouvante. Les frayeurs des habitants de la ville augmentèrent et furent portées au comble pendant la nuit. La crainte les rendit barbares; ils massacrèrent impitoyablement tous les Francs qui se trouvaient dans leurs murs; les troupes en se retirant pillaient les maisons, et mettaient le feu aux édifices. Les flammes de l'incendie jetèrent leurs lueurs jusque dans le camp des chrétiens, et une heure après minuit , tout l'horison semblait embrasé. Le lendemain, à peine le jour était-il levé, que beaucoup de soldats francs s'avancèrent vers la ville, et à leur grand ctonnement, en virent les portes larges

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