‹ Saint Louis et son tempsChapitre 104 sur 207 · ibid., p. 251 et t. lU, p · texte numérisé non relu

ibid., p. 251 et t. lU, p

autres, au moins dans le ton et le langage, une supériorité dont ils sont sans doute redevables à leur éducation'. On ne s'étonnera pourtant pas de trouver parmi les plus fameux des poètes de moins haute origine: à la fin du douzième siècle, Audefroi le Bastard à qui M. Paulin Paris a donné la place d'honneur dans le choix de poésies qu'il a appelé le Romancero français : « Une grande vivacité de coloris, cette naïveté tant recherchée et si rarement découverte, des détails pleins de sensibilité, voilà, dit il, les véritables titres de ce poëte à notre admiration*; » au treizième siècle, Jean Bodel et Adam de la Halle, dit le Bossu d'Arras, que nous retrouverons sur une autre scène'; Buude Fastoul, leur très-digne concitoyen', Jean 31oniot, remarquable entre tous par la vivacité de ses chansons d'amour et la pureté de ses mœurs \ Raoul de Ferrières qui, dans son exaltation, défie Dieu lui-même de rien faire d'aussi beau que sa dame ^ : de qui tenait-elle donc sa beauté ? Perrin dAgecourt, que le critique habile, qui a passé en revue tous ces poètes, appelle un des plus féconds et des plus aimables de nos trouvères du nord ' ; et des femmes s'essayèrent aussi dans ce genre de poésie : nommons seulement Marie Dregnan, de Lille, qui chante les charmes de 1 hiver, trouvant en elle ce qui peut en faire oublier les rigueurs ;

Moult m'abelit (il me plaît) quand je vois revenir Hiver, grésil et gelée apparoir,

Page 1