‹ Saint Louis et son tempsChapitre 105 sur 207 · Ibid., t. III, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. III, p

Car en tout temps se doit bien rojoiiir Belle pucellc et joli cœur avoir.

Si (donc) chanterai d'amour pour mioux valoir; Car mon fin cœur plein d'amoureux di'-sir Ne me fait pas ma grand joie faillir'.

L'influence des trouvères du nord ne fut pas moindre que celle des troubadours. Si la poésie provençale devint la poésie des cours de l'Italie du nord et de l'Espagne, celle de nos trouvères eut un succès plus éclatant encore : ce ne fut pas seulement chez des peuples parlant quelque dialecte de la même langue ; c'est dans des pays d'un idiome radicalement différent, des pays de langue germanique, en Angleterre, en Flandre, en Hollande, en Allemagne qu'elle fut, non point populaire assurément, mais accueillie et cultivée*. Elle eut sur la littérature provençale un autre avantage : c'est que tandis que cette poésie, qui s'était faite poésie de cour avec les troubadours, allait dépérir en perdant la fiiveur de ces cours devenues françaises ou pénétrées de l'esprit français; l'autre, ayant pris racine, non-seulement dans les cours, mais dans la bourgeoisie, choyée par les villes comme par les châteaux, allait gran-

1. A. Dinaux, t. II, p. 318. J'en ai seulement rajeuni l'orthographe. Il faut lire, je pense, grand joie et non grande joie : grandis est féminin et masculin, et joie devant une consonne forme deux syllabes. Je renvoie pour toute celle matière, indépendamment dos notices de 17/ia-toire littéraire de la France, aux quatce volumes qu'Arthur Dinaux a consacrés aux Trouvères, jongleurs et ménestrels du nord de la France et du midi de la Belgique. Je tirerai seulement encore du nombre considérable de ceux qu'il fait connaître, Pierre le Borgne ou le trésorier de Lille, qui a plusieurs chansons d'amour pleines de grùce (t. H, p. 3'i8); Sauvage d'Arras, dont le ton est la mélancolie (t. III, p. 430) ; Simon d'.\ulhie, qui se signale entre tous les auteurs de pastourelles en se montrant piquant sans cesser d'être chaste (t, III, p, 446); Girard de Valenciennes et Re* nier de Quaregnon, auteurs de jeux-partis, le dernier • s;ir des questions assez hardies de la métaphysique de l'amour. • {Ibid., t. IV, p. 3L'8 et 648.)

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