Dareslc, l.L, p. 71, Vl
2. On voit des maîtres qui sont dits posséder des hôtes, ruéme des fractions à'hôtes, deux hôtes et demi par exemple (Histor. de France, t. XXin, p. 627, § 88); cela doit s'entendre de leur droit sur deux tenures et demie de cette espèce. Nous verrons aussi plus bas que certains seigneurs devaient au mi pour le service de l'est deux chevaliers et demi ou quelque autre fraction de chevalier.
3. Sur CCS divers modes de tenures, voy. les ouvrages cités de M. Delisle, p. 45 etsuiv., et de M, Dareste, p. 91 cl suiv.
LKS VILLKS ET LKS CAMPAGNES. 51
Ainsi il y avait le cenSf dérivé de l'anciuii impôt romain, du au seigneur en raison de sa suzeraineté, et parmi les autres redevances, la taille, impôt de capitation, tout arbitraire à l'origine, et perpétuellement exigible sur les gens taillablcsk merci, mais qui généralement ne se levait qu'une fois par année; Vaide, qu'il ne faut pas confondre avec les aides extraordinaires dont nous avons parlé à propos des nobles; \a garde, taxe spéciale, payée pour obtenir la protection du seigneur; et d'autres redevances dont nous parlerons au chapitre des iropôts.
Avec les redevances, les services de toutes sortes. La corvée n'avait pas moins de formes que l'impôt : services personnels pour l'exploitation de la partie réservée de la propriété ou l'entretien de la maison; service personnel et réel à la fois pour les transports : l'importance des charrois , le nom])rc des bêtes de somme à employer étaient quelquefois déterminés'; sans parler d'autres services qui confinaient aux offices, depuis le rôle du garde champêtre et de l'appariteur, jusqu'à celui du prévôt^ Aux services, ajoutez les servitudes : interdiction de vendre, obligation d'acheter, ou de fournir gratuitement ou à prix réduit et non débattu ce qui était à la convenance du seigneur; et le service militaire, service autre que celui des nobles, mais qui parfois n'était pas moins onéreux^
1. si l'on veut voir une énuméraUon de loules les corvées qu pesaient sur le vilain, il faut lire le conte des Vilains de Verson, pauvres paysans qui s'étaient révoltés contre l'abbaye du Monl-Saint-Michel. A cette occasion, l'auteur expose tous les services auxquels ils étaient tenus. En paraissant leur reprocher leur révolte, il a su la justifier. (Voy. Delisle Éludes sur l'ayricalture nirmande au inoyei. âge, p. 068-073.)
2. Delisle, l. l, p. 79 et suiv.; Darestc, l. l., p. 188 et suiv.
3. Delisle, l. /., p. 87 et 101; Darestc, /. l, p. 180 et suiv. Nous en reparlerons plus loin.
Coniniunaulés el corporations.
Ces divers genres de servitudes et de services étaient queltiuefois rachetés, et le nom de la charge restait pour désigner la redevance en raison de laquelle on en était affranchi; car cette libération avait lieu d'ordinaire au prix, non d'une somme une fois payée, mais d'une rente'. Ces rachats se faisaient le plus souvent par les individus chacun pour soi-; quelquefois, par des agglomérations, on pourrait dire déjà, à ce titre, des communautés : car les villages faisaient parfois communauté pour certains intérêts communs, et Beaumanoir dit que leurs procureurs étaient reçus eu justice'. Ce fut surtout dans les villes que ces libérations partielles furent obtenues, d'abord parce que l'agglomération y était plus compacte et plus forte, et puis parce que, dans leur sein, il y avait déjà des espèces de communautés particulières : je veux parler des corps de métier.
Les corporations que Ton retrouve presque partout au moyen âge dataient de loin : elles dataient de ces collèges et corporations qui existaient en si grand nombre dans les derniers siècles du monde romain, corporations devenues comme une nouvelle forme de servitude sous l'inlluence des nécessités publiques : pour obtenir, à défaut d'argent, le travail et les services exigés par les besoins de l'Etat , l'administra-