Levasseur, l. l
3. Depping, Inlroduction au livre desmétiersd'Étienne Boileau , p. xxxiv.
progrès, oii les rois d'ailleurs truiiviiient leur profit, et vu riiiiporlancc du commerce de rivière pour Paris com[)arativemeat à tout autre, la corporation des marchands de l'eau se trouvait être, ou peu s'en fallait, la communauté des marchands; ses scabins et son prévôt, sous le nom de prévôt des marchands, formeront une sorte de corps municipal '; et le lieu de Leurs réunions, le parloir aux Bourrjeois, transféré du voisinage du Chàtelet au faubourg Saint- Jacques, cl, plus tard (1257), du faubourg Saint- Jacques à la Grève, devint l'hôtel de ville. Les armes de la corporation, un vaisseau avec cetle devise : fJucUiat nec mcrgilur, sont devenues les armes de la ville de Paris '.
La hanse parisienne nous donne donc l'exemple d'une association de marchands qui arrive à former le corps municipal, et l'on peut dire que partout les corporations eurent une influence considérable dans la constitution des villes : soutenant la vieille organisation du municipc dans celles où cette forme d'administration les avait précédées; ailleurs devançant, préparant et faisant même les communes : car, ayant leurs réunions et leurs fêtes, elles devaient avoir leur administration et leur budget; et elles offraient ainsi un modèle sur lequel la communauté t^enérale des habitants pouvait se régler. De plus elles étaient, par leur organisation même au sein des villes, une force qui aida puissamment à leur libéralion dans celles oii la commune s'imposa par la révolte; une force avec laquelle, même sans qu'on en
1. Vers la fin du treizième siècle, le prévôt et les échevins de la corporation sont appelés « prévôt et scabins jurés des marchands de l'eau, « prœpositus scabinorum (1273) prœposiltis inercatorum Paris. (1277). JDepping, /. l., p. xxxv.J