‹ Saint Louis et son tempsChapitre 145 sur 207 · Labarte, t. I, p · texte numérisé non relu

Labarte, t. I, p

3. Gailhabaud, VÀrchitecture et les arts qui en dépendent, t. II. 11 propose pour modMes les vantaux des portes de la cathédrale du Puy, de l'église d Orcival, de la porte Sainte-Anne à Notre-Dame de Paris. Cf. Labarte, Histoire des arts industriels, t. I, p. 210. « Simples ou riches, dit-il, les peintures des portes étaient d'un goût remarquable; » et il en donne des exemples.

a II est à Paris orfèvres qui veut et qui faire le set, pour (pourvu) qu'il œvre ad us et az coustumes du mestier.. . ' »

Ces coutumes consistaient notoirement à n'employer l'or et l'argent qu'au meilleur titre. Plusieurs des ouvrages auxquels les orfèvres donnèrent leurs soins étaient en effet de véritables œuvres de sculptures, par exemple les tombeaux des princes, ou les châsses des saints : le tombeau de Thibaut III comte de Champagne, mort au moment où il allait prendre le commandement de la quatrième croisade; le tombeau que Louis VIII éleva à son père Philippe Auguste; celui que la reine Blanche érigea à Louis VIII à son tour*; le tombeau (c'est déjà une châsse) que Suger, dès que le chevet de l'église de son monastère eut été consacré, fit élever au fond de l'abside pour y recevoir les reliques de saint Denis et de ses compagnons ; la châsse de sainte Geneviève, achevée en 1242 par Bonnard de Paris; la châsse de saint. Marcel, exécutée en 12G2. Ici même l'orfèvre n'est plus seulement sculpteur, il se fait architecte. Les châsses du treizième siècle veulent aussi imiter les cathédrales. Le tombeau, comme on l'a dit, devient un sanctuaire. La châsse de saint Marcel était une église en miniature avec deux portiques, nef et bas côtés \ Toutefois, dès avant le treizième siècle, les châsses

1. Etienne Boileau, Livre des métiers, tit. xi, p. 38 (Ed. Depping). Cf. Labarte, Histoire des arts industriels, l. Il, p. 9.

2. Voyez-en la description dans Labarte, t. II, p. 8 et 9. Dans le tombeau du comte de Champagne, le sarcophage était de bronze revêtu de plaques d'argent, l^i statue du prince en habit de pèlerin, de grandeur naturelle, était d'argent; le socle et la table supérieure, d'argent enrichi d'émaux. Autour du sarcophage, il y avait des colonnes de bronze doré soutenant des arcades plein cintre, qui foi maient dix niches où étaient placées .autant de statuettes d'argent de 14 pouces de hauteur.

3. Le tombeau de saint Denis et les chasses de sainte Geneviève et de saint Marcel sont décrits dans le même ouvrage, t. I, p. 4 et 9. La châsse de sainte Geneviève fut fondue en 1793.

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avaient pris aussi un autre caractère. L'artiste se proposait de faire du reliquaire comme une représentation de l'objet qu'il renfermait. La châsse de saint Louis à la Sainte-Chapelle, contenant son crâne, était un buste du saint roi en or repoussé'. L'omoplate était dans un reliquaire que tenait une statue du prince en argent doré'.

C'est l'orfèvre qui avait à fabriquer la pUq)art des objets à l'usage du culte : les parements d'autel, comme la hmeuse pala (Coro, commandée àConstantinople et apportée à Venise, en 07G, et aujourd'hui convertie en retable^; le labcrnacle, ou du moins la pièce principale qui en tenait lieu : indépendamment des armoires pratiquées dans la muraille, derrière l'autel ou à côté, l'Eucharistie était conservée soit dans une petite tour que l'on apportait près de l'autel au moment de la communion des fidèles, soit dans une petite colombe ou dans une boîte enveloppée d'un pavillon, l'une ou l'autre suspendue par une chaîne audessus de l'autel*; les calices, coupes demi-circulaires, posant par une tige assez basse sur un pied de diamètre égal ; les patènes , les chalumeaux à l'aide desquels on puisa pendant longtemps le vin consacré dans le calice; les bur elles, le bassin à laver du prêtre; la. paix, sorte de petit tableau qui, depuis le treizième siècle, servit à recevoir le baiser de paix; — les monirances ou ostensoirs ne paraissent guère

1. La couronne et le fragment du manteau étaient chargés de tant de pierres précieuses, que l'énumération n'en occipait pas moins de dix pages dans l'inventaire de la Sainte-Chapelle, dressé «n iô73 (i6id.. p. 11).

2. Labarle, ïbîd., p. 12. Voyez la représentation d'un bras reliquaire dans la Collection liasilewski, CataL raisonné, -çX. XXV.

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