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Labarte, i. L, t. I, p

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sant de mode, aurait fini, s'il eût été d'un métal grossier, par être laissé de côté, qui eût été ainsi conservé, est refondu. Même en bronze, plusieurs de ces objets tenaient de la main-d'œuvre une valeur considérable. L'art du fondeur, dès le douzième siècle, était arrivé à un haut degré de perfection. M. Viollet-le-Duc va jusqu'à dire, avec exagération, sans doute : « L'habileté des fondeurs du douzième siècle surpassait tout ce qui a été fait dans Tantiquité. Le beau fragment du grand candélabre de Saint-Denis de Reims, le chandelier du .Mans ', quelques encensoirs et candélabres de cette même époque témoiijjnent de l'adresse avec laquelle ces artistes savaient fondre à cire perdue'; » et Fémaillerie venait ajouter un nouveau prix à ces objets divers en or, en argent ou même en cuivre. L'émaillerie sur cuivre de Limoges avait une grande réputation dès le douzième siècle'. Des plaques de cuivre émaillé ornaient les tombeaux de deux enfants de saint Louis*.

L'orfèvre trouvait encore à exercer son art dans la reliure des missels et autres livres d'église. On peut citer comme un des plus beaux spécimens l'évangéliaire donné (on le peut croire) par saint Louis à la

1 . Voy. la représentation de ce chandelier, Dict. du mobilier, t. Il,

p. 6*7, pl- 29.

2. Dict. du mobilier, t. II, p. 190 (Orfèvrerie). Cf. Labarte, t. I, p. 182. Sur le travail au repoussé, procédé indiqué déjà au onzième siècle par le moine Théophile, voy. Labarte, ibid., p. 194. Comme un très-grand nombre d'objets était demandé à la fabrication, on avait eu recours à un moyen plus rapide et moins coûteux, l'estampage (ibid.). On conservait les matrices pour fabriquer séparément diverses pièces : de menus ornements des fleurs, que l'on réunissait ensuite par la soudure en combinaisons diverses (VioUet-le-Duc, l. L, p. 202).

3. Labarte, t. III, p. 119 et suiv. Sur les deux manières dV»noiW*r par incrustation, voy. ibid., p. 118. — Le damasquinage ou dessin par filets d'or ou d'argent incrustés dans un métal moins brillant, comme l'acier ou le bronze, était très-rare au moyen âge. Au treizième siècle, les Vénitiens irnoortaient les objets damasquinés de l'Orient.

4 VioUet-le-Duc, I. L, t. II, p. 221, pi. XLIII et XLIV.

Sainte-Chapelle. La reliure en vermeil, rehaussé de pierreries, porte d'un côté une croix avec quatre figures dans les cantons de la croix : en bas, la Vierge et saint Jean; en haut, deux anges tenant l'un le soleil, l'autre la lune; de l'autre côté une magnifique figure en haut-relief du Christ assis, enseignant; les draperies ont une ampleur digne de l'antiquité. C'est un des rares monuments qui, envoyés à la Monnaie, ont pu revenir à la Bibliothèque^

Mais l'art du sculpteur (car l'orfèvrerie ici encore s'élève à la hauteur de la sculpture) n'était pas ce qui contribuait le plus à la décoration de ces livres. Le peintre y avait une part bien plus large par les miniatures et les ornements dont il les enrichissait. La miniature, au treizième siècle, comme la peinture, se ressent de la révolution qui s'est accomplie dans l'art. Les types romains ou byzantins sont abandonnés : on sent que l'artiste s'inspire de la nature; les formes sont encore grêles, trop allongées, mais pleines de grâce : il y a de l'expression dans les physionomies, du naturel dans les plis des vêtements. La miniature est loin d'avoir dit son dernier mot, sans doute. Il ne faut chercher dans les livres du treizième siècle ni le modelé, ni la perspective des scènes peintes à la fin du quatorzième et surtout au quinzième siècle, par exemple dans le beau manuscrit de Froissart de la Bibliothèque nationale (F. français, n*" 2643). C'est, si l'on veut, moins de la peinture que du dessin enluminé. L'artiste trace ses figures, y applique une teinte plate sur laquelle il revient ensuite pour indiquer certains détails, comme les plis des vêtements : ajoutez qu'il paraît se

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