Fonds latin, n" 173-26 {olim Saint-Victor, n
324 «IHAPITKE XXI,
préoccuper peu du ton des couleurs ; les ligures se détachent encore sur un fond d'or. Cependant on comnence à y substituer, en partie du moins, un fond de couleur, recouvert d'un réseau quadrillé qui en adoucit les reflets; la scène se passe le plus souvent dans un encadrement emprunté aux portiques de l'architecture ogivale, mais les ornements ont un cadre plus large : ils rayonnent sur toute la partie restée libre de la page. « Aux larges feuilles arrondies on a substitué des feuilles grêles et lancéolées, et les pages sont souvent bordées d'un listel étroit en or ou en couleur, terminé par des appendices anguleux d'où s'échappent des fils de couleur qui se répandent sur les marges ^ »
L'évangéliaire de la Sainte-Chapelle que je citais tout à l'heure est un remarquable modèle de ce genre de décoration. La lettre initiale est employé par l'artiste à figurer le sujet de l'évangile; et comme pour la plupart c'est un I (In illo lempore), la lettre majuscule, occupant toute la longueur de la page, peut porter plusieurs étages de scènes prises du môme texte. L'évangile de Noël [In principio erat ]'erùum\ en a huit : les six jours de la création, le repos du septième jour, et pour huitième tableau le Christ en croix (f 11, recto). L'évangile de la Nativité représente la tige sortant de Jessé et cinq autres figures, trois Rois, la Vierge, et en cinquième lieu Jésus-Christ (P 159, recto). Le Psautier de saint Louis' peut aussi nous faire apprécier l'art du miniaturiste. Le blanc des versets, notamment, est rempli par de petits linteaux d'un fond rouge ou bleu sur lequel se détachent en or de petits oiseaux de forme naturelle ou fantas-