E. de Coussemaker, rAr< Imrmonique, etc., p. 141 et suiv
2. Ibid., p. 191 et suiv. Parmi les trouvères dont mon savant concitoyen Arthur Diuaux a parcouru les ivuvres et exposé les titres, il en est
vères avaient fini par laisser le soin de chanter leurs compositions^ composaient eux-mêmes et ne chantaient pas seulement l'œuvre d'autrui'.
La musique moderne était donc née, on le peut dire, dans les églises précisément à Fépoque où un système nouveau d'architecture venait de les transformer, où la sculpture, la peinture et les autres arts qui pouvaient servir à leur décoration atteignaient au point élevé que l 'on a vu. Tout se réunissait pour jeter le plus vif éclat sur le règne de saint Louis; et le pieux roi, juste appréciateur du beau, savait donner des encouragements à tous ces progrès. Dans les solennités religieuses qu'il aimait tant, il faisait appel à toutes les ressources nouvelles de la musique. Sa chapelle donnait en quelque soute le ton aux autres; et même durant la croisade, au milieu des misères de son séjour en Terre Sainte, il avait des musiciens pour rehausser le culte qu'il rendait au Seigneur. Même dans son pèlerinage de deux jours à Nazareth, « il fit chanter la messe et solennellement glorieuses vêpres et matines à chant et à déchant, à ogre (orgue) et à trebles (le mot ici indique un instrument à corde), comme en témoignèrent ceux qui y furent, » dit Guillaume de Nangis".
Guillaume de Chartres dit « qu'il détestait les vaines chansons du siècle et les fables futiles des histrions; qu'il se refusait la récréation des instruments de musique dont la plupart des nobles se faisaient un plai-
plusieurs du treizième siècle dont il a trouvé les chansons avec la musique notée : Martin le Béguin (le bègue) [Trouvères du nord de la France et du midi de la Belgique, t. I, p. 178): Jehan Fremaux de Lille (t. Il, p. 281); Girardin de Boulogne (t. III, p. 208) ; Robm ou Robert de Chastel (ibid., p. 422); Sauvage de Béthune [ihid., p. 436); Gauthier de Soignies {ibid., t. IV, p. 266).