‹ Saint Louis et son tempsChapitre 159 sur 207 · Tillemont, t'. II. p · texte numérisé non relu

Tillemont, t'. II. p

S. Comptes de 1234 dans les Hislor. de l'r., t. XXI, p. 346 g, h. 4. Ibid., p. 220 c, 231 c,e, 234 g, 24.3 b.

chose plus facile) qui étaient montés sur deux bœufs revêtus d'écarlate^ et sonnaient de la trompette à chaque plat porté sur la table du roi (juin I237)\ Bien plus^ dans les circonstances ordinaires, quand il recevait les barons à sa tablC;, il souffrait que leurs ménestrels entrassent avec leurs vielles après le repas, et Joinville nous dit qu'il attendait pour ouïr ses grâces qu'ils eussent fini leurs chants ^ Ces chants, on en peut être assuré, n'avaient rien que d'honnête, et dans ces conditions on voit que le roi n'entendait les proscrire ni pour les autres ni pour lui.

Les églises et les monuments des arts au treizième siècle sont assurément ce qui nous garde l'image la plus vivante encore du siècle de saint Louis. A Noire- Dame, à la Sainte-Chapelle, on se retrouve comme à son époque. Les monuments littéraires et surtout ceux de langue vulgaire, romans, chansons de geste et fabliaux, ne nous expriment pas seulement les idées du moyen âge dans la langue du temps, ils nous rendent cette société même, par la peinture qu'ils nous font de ses mœurs. Tout en faisant, comme il est juste, la part de l'imagination dans des œuvres de cette espèce, on y voit vivre la chevalerie telle que l'avait conçue l'esprit religieux et militaire du moyen âge, mais aussi telle que l'avait faite leplus communément la vie grossière dans laquelle cet idéal était tombé. On y voit surtout le tableau de ces passions et de ces faiblesses qui tiennent à l'humanité même et par conséquent, sous des formes diverses, sont de tous les temps, mais qui pourtant sont plus ou moins contenues, selon que la religion a plus ou

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