‹ Saint Louis et son tempsChapitre 167 sur 207 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

356 fllIAI'ITRE XXII. [125(»]

nisô, la Uuclielle refusa de célébrer sa fête. Ajoutons que cette cession aurait j)u paraître jj;ratuite, car le roi d'Angleterre était dans liiupuissance de rien reprendre en France, même d'y rien garder s'il eût été attaqué. Matthieu Pai-is l'avoue, même j)our la Guyenne : « Des pays d'outre- mer dont l'Angleterre s'enorgueillissait, dit-il en 1252, il ne reste plus (|ue la Gascogne vacillante, laquelle ne demeure sous les lois des Anglais que parce que le roi de France dédaigne de s'en emparer, quam rex Francoruin conlemnil\ » IMais il faut prendre en considération les idées du temps, et ne pas se tromper sur le caractère de ce sacrifice. C'était plutôt une cession de domaine qu'un abandon de nationalité. Les provinces cédées au roi d'Angleterre ne cessaient pas d'être de la France. Le roi d'Angleterre faisait hommage à saint Louis, non pas seulement pour ce qu'il recouvrait en France, mais encore, nous l'avons vu, pour ce qu il n'y avait jamais perdu, pour la Guyenne comme pour le Périgord et la Saintonge'. Rien donc n'était virtuellement retranché du royaume dans le présent, et pour l'avenir on établissait le fondement d'une meilleure entente; on prévenait les hasards d'une réaction qui, à un moment donné, aurait pu remettre en péril ce que Ton gardait des provinces réunies. Pour saint Louis, au-dessus de toutes ces questions d'intérêt discutables, il y avait un principe d'équité : ne pas frapper le fils pour le crime de son père. Cet esprit de justice est ce qui faisait sa force. En regard du sacrifice ([u il lui imposa en ces circonstances, il faut mettre l'ascendant qu'il lui as-

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