Geoffroi de Beaulieu, ch. xxxix, xl, t. XX, p
2. « 0 si possem videre quod fierem tanti filioli compater et patri nus! >' (Geoffroi de Beaulieu, ch. xli, ibid.)
SAINT LOUIS. Il — 28
comme pour visiter ses provinces de Careassonne et de Narbonne. Il y avait eu dans ces derniers temps des messages échangés entre les deux Etats. Tout récemment, à la fête de saint Denis, comme le roi tenait sur les fonts de baptême, avec plusieurs des grands, un Juif lameux qui se faisait baptiser dans l'église du saint, il invita à la solennité des députés du roi de Tunis, qui se trouvaient alors à Paris, et les appelant après la cérémonie, il leur dit avec chaleur : « Dites de ma part à votre maître que je désire tant le salut de son âme que je voudrais être dans les prisons des Sarrasins jusqu'à la fin de ma vie, sans plus jamais voir la clarté du jour, pourvu que votre roi et tout son peuple se fissent chrétiens du fond du cœur. » « 0 parole vraiment catholique ! s'écrie son confesseur, Geoffroi de Beaulieu, parole pleine de foi et de charité! Il souhaitait dévotement, ce roi catholique, que la foi chrétienne qui, au temps de saint Augustin et des autres docteurs orthodoxes, florissait avec tant d'éclat dès l'antiquité en Afrique et surtout à Carthage, y refleurît et s'y répandît pour l'honneur et la gloire de Jésus-Christ \ »
Saint Louis se figurait que, s'il abordait tout à coup avec une grande armée à Tunis, le roi ne pourrait trouver une meilleure occasion de recevoir le baptême sans risquer sa vie ni sa couronne. On faisait d'ailleurs entendre au pieux roi que, si le prince refusait absolument de se faire chrétien, la ville de Tunis était facile à prendre, et par suite tout le pays. On lui insinuait en outre que cette ville était pleine d'or et d'argent et d'une infinité de richesses, attendu (jue depuis fort longtemps elle n'avait été conquise