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Boularic, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. lôô

2. Sur les sommes diverses perçues au nom du roi soit sur le commerce, soit sur les métiers de Paris à litre de racliat ou de redevance annuelle, ou enfin d'amende, voy. le Livre des métiers d'Etienne Boileau Il ne saurait être question d'en faire ici l'analyse.

ADMINISTRATION GKNERALE. — FINANCES. 79

indemnité les tailles extraordinaires sur les juifs et sur les chrétiens*. Outre les fermages des prévôtés, le bailli ou sénéchal percevait les frais d'administration, et rendait les comptes à une commission qui siégeait au Temple à Paris '.

Chaque dépense était généralement imputée sur un revenu particulier. Quand il y avait à faire une dépense extraordinaire en province, l'ordre en était expédié au bailli ou sénéchal qui la prenait sur ses recettes et la déduisait de son compte lorsqu'il venait le rendre à Paris. L'excédant des recettes était envoyé par les baillis ou sénéchaux au Trésor. On tenait tant au scrupuleux accomplissement de leur devoir en ce point, qu'on leur enjoignait de l'envoyer en la monnaie qu'ils avaient reçue, même lorsqu'elle n'avait point cours à Paris. On se défiait des profits qu'ils auraient pu chercher sur le change*.

Comptabilité.

La comptabilité royale, dont les documents sont nombreux sous Philippe le Bel, était déjà établie sur les mêmes bases au temps de saint Louis et de Philippe Auguste. Outre les traces qu'on en a pu i'e-

J. Boutaric, l. l., p. 135.

2. Brussel, Nouvel usage des fiefs, p. 428, et Boutaric, la France sous Philippe le Bel, p. 229. « C'est seulement sous saint Louis, dit M. de Boislisle, que l'on voit le conseil se partager en deux sections : à l'une la justice, à l'autre les finances et le contrôle administratif. Peu 'après, cette dernière section forme un corps distinct et permanent. Ce sont les génies qux ad noslros compotos deputanlur : premiers agents de la comptabilité qui s'organise et de la centralisation financière qu'active une main ferme [Philippe le Bel]. » [Chamlire des Comptes de Paris^ notice préliminaire, p. x.xii.)

3. J. Boutaric, la France sous Philippe le Bel, p. 224, 228 et 232,

cueillir, on en trouve une preuve indirecte dans les documents plus complets que nous offre l'administration d'Alfouse de Poitiers : car la comptabilité royale avait été établie dans le l'oilou pendant la minorité d'Alfonse; et ce prince ne lit que la suivre et l'étendre, en raj)pli(iuanl dans les autres parties de ses domaines'.

I.e document le plus étendu que l'on ait sur cette épcxjue est un registre où sont inscrits les comptes rendus par le bailli de Poitou depuis la Toussaint 1243 jusqu'à la Toussaint 1248 : registre où l'on peut retrouver, comme je le disais tout à l'heure, les principes de la comptabilité royale, puisque le Poitou fut administré })ar le roi jusqu'en 1241, mais où l'on peut noter aussi les progrès de cette comptabilité sous l'administration propre d'Alfonse; car c'est depuis 1245 que l'on trouve ces comptes disposés dans un ordre bien déterminé*. Ils renferment les deux parties de tout compte : Receltes, Dépenses, et dans chacune de ces deux parties ces

subdivisions régulières :

I. Recettes. — 1° les rachats {racheta), droits de mutation que payaient les feudataires; 2° le domaine (domanium), comprenant les domaines proprement dits dont le seigneur était propriétaire, et les droits de seigneur et de suzerain, redevances qui portaient comme on l'a vu, sur les maisons, les fours, les moulins, les étaux, les biens ruraux, champs, prés, vignes, bois, rivières, étangs, etc., quelquefois même sur lespersonnes : car on payait pour être protégé;

1. Boutaric, I. L, p. 223 et suiv. Comparez un document du temps de Charles le Bel, à ce qu'il semble, qui indique sous quels titres généraux les comptes doivent élre disposés en receltes et en dépenses {Histor. de France, t. XXI, p. 517).

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