Confesseur de Marguerite, t. XX, p
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présent. Son regard se tournait souvent vers le ciel ; il se reportait aussi sur ceux qui l'entouraient et semblait leur sourire. Dans cette faiblesse extrême, la veille de sa mort, quand Geoffroi de Beaulieu lui apporta le viatique, il voulut encore se lever pour le recevoir : et ce fut aux pieds de son lit, à genoux et les mains jointes, qu'il se confessa et communia. La parole ne lui avait donc pas fait encore absolument défaut. La nuit de sa mort on l'entendit dire : « Nous irons en Jérusalem ^ » C'est vers la Jérusalem céleste que sa pensée se portait désormais ; néanmoins il n'oubliait pas ce pour quoi il était venu en Afrique, et sattachant jusqu'à la fin à ce rêve qui avait séduit son âme pieuse, il disait: « Pour Dieu I tâchons que la foi puisse être prêchée dans Tunis : qui pourrait bien remplir une telle mission ? » et il nommait un frère prêcheur qui avait déjà été dans cette ville. Quand ses forces achevaient de s'épuiser, et qu'on recueillait à peine un léger murmure sur ses lèvres, il invoquait encore les suffrages des saints. Geoffroi de Beaulieu devinait à quelques mots qu'il récitait cette fin de l'oraison de saint Denis : -t Seigneur, accordez-nous de mépriser pour votre amour les biens du monde et de ne point redouter ses maux, » ou le commencement de l'oraison de saint Jacques : « Soyez, Seigneur, le sanctificateur et le gardien de votre peuple. » Entre neuf heures et midi, comme il avait paru dormir environ une demi-heure, il ouvrit les yeux et les levant au ciel d'un air serein, il prononça les paroles du psalmiste : «J'entrerai dans votre maison, j'adorerai dans votre saint temple et je confesserai votre nom. Introibo in domum tuam^