Viullel. i6i(/., p
qu'il n'était motivé par aucune guerre : ils décla rèrent au légat que l'Église de France supportait depuis trop longtemps des charges au-dessus de ses forces; et, dans le nombre, ils signalaient, avec les décimes affectées aux croisades, les subsides particulièrement destinés à la cour de Rome. L'impôt fut payé, et un texte pourrait faire croire que cette fois il le fut au profit du roi'. Mais on en fit néanmoins un grief à Rome; et cette levée inspira à un religieux une plainte dont la violence rappelle le style de Matthieu Paris :
« Comment fut faite cette levée de deniers, dit-il, notre Seigneur Jésus le sait. Ce cardinal était Français par sa naissance; il était chancelier du roi et trésorier de l'église de Tours, mais il connaissait parfaitement les usages de Rome pour ronger et dévorer les bourses, etc. ^.
L'auteur à qui nous empruntons ces textes cite plusieurs autres exemples encore. L'Église de Reims, dans son irritation contre les exactions romaines, menaçait presque de faire un schisme. Elle prétendait que la séparation de l'Église grecque n'avait pas d'autre cause; elle se disait prête à braver les excommunications, et déclarait que la rapacité de Rome ne cesserait que le jour où le clergé serait las d'obéir. C'est par une lettre de Clément IV que l'écho de ces plaintes est arrivé jusqu'à nous'.
Ainsi les raisons de fond contre la pragmatique ne sont pas péremptoires. Il y eut au treizième siècle des abus dans les élections ecclésiastiques; il y eut des cas de simonie assez nombreux, au moins
1. Centisima superius dicta quara rex habuit. (Chron. de Limoges dans les Htsi. de Fr., t. XXI, p. 767.)