Daunou, Hist. litlér., t. XVI, p. 23 et suiv
2. Voy. ci-dessus, t.. I, p. 38, et Du Boulay, Tlisf. de VUnh'ersité de Paris. t. III, p. 75 et suiv.
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ne leur demandant en éclian^^e que des prières, tous ses droits sur une maison qu'ils avaient obtenue en 1218 de Jean, médecin de Philippe Auguste et doyen de Saint-Quentin, maison située rue Saint-Jacques (d'où le nom de jacobins) '; mais la jalousie ne tarda point à naître entre ces enseignements rivaux. L'Université se plaignit de la concurrence, de l'invasion. Sur les douze chaires, disait-elle, qui restaient à Paris depuis que les dominicains et les autres moines avaient établi des professeurs de leurs ordres en différentes villes, sept étaient occupées par des réguliers, trois par des chanoines de Paris, en sorte qu'il n'en restait que deux pour les professeurs séculiers non chanoines. Après cette plainte, l'Université se fit justice en supprimant par décret une des deux chaires publiques des dominicains (1252). L'année suivante une nouvelle querelle entre bourgeois et écoliers lui donna l'occasion d'interrompre ses leçons. Elle exigea de ses membres le serment de ne les pas reprendre, que satisfaction ne lui eût été donnée, et retrancha de son sein les professeurs franciscains et dominicains qui le refusèrent.
Alfonse de Poitiers était régent, en l'absence de saint Louis, depuis la mort de la reiiic Blanche. Il satisfit à ses réclamations pour les écoliers maltraités par les bourgeois, mais non pour les chaires qu'elle voulait supprimer. Les papes soutenaient les religieux, et saint Louis à son retour ne leur fut pas moins favorable. La bulle Quasi lignum, rendue le 14 avril 1255 par Alexandre IV pour maintenir
1. Du Boulay, Hist. de l'Univ. de Paris, t. ni. p. 92 et 105; Tillemont, t. VI, p. Ki.î.
leurs chaires', poussa l'Université à se disperser encore une fois; et la cause plaidée à Rome provoqua, par contre-coup j les sévérités de l'Église, d'une part, contre Guillaume de Saint-Amour, l'un des députés de l'Université, qui fut frappé pour son livre sur les Périls des derniers temps où il s'attaquait aux ordres mendiants, de l'autre, contre Jean de Parme, général des franciscains, pour son Introduction à f Évangile éterneP. Quant à la question principale, la décision de la bulle Quasi lignum fut confirmée par le saint-siége, nonobstant la transaction tentée dans une assemblée d'évêques que saint Louis, cherchant la paix, avait invité à en délibérer en commun. Les religieux furent maintenus en possession de leur droit d'enseigner dans l'Université ; et l'université de Paris n'a point au fond à le regretter, puisqu'elle dut à cette sentence de compter parmi ses membres saint Bonaventure et saint Thomas d'Aquin^
L'Université c'était, nous l'avons dit, l'ensemble des professeurs et des écoliers. Les écoliers étaient ou libres ou distribués en plusieurs collèges. Ces collèges
L Du Boulay, Hist. de l'Université de Paris, t. III, p. 282.
2. Hérésie née d'une fausse interprétation de l'Apocalypse (xiv, 6), On prétendait qu'après le règne du Christ devait venir le règne du Saint- Espritj qui enseignerait l'Évangile éternel. Joachim, abbé de Fiore ou de Flore, en Calabre, fut le principal propagateur de cette funeste rêverie.
3. DauDou, ibid., p. 49-51. Voy. la lettre d'Alexandre IV à l'évêque de Paris, en date du 17 juin 1256. Il lui annonce que pour rétablir la paix dans l'Université, il a condamné, comme auteurs du trouble, et privé de tout honneur Guillaume de Saint-Amour, Eudes de Douai, docteurs en théologie, Nicolas, doyen de Bar-sur-Aube, et Chrétien, chanoine de Beauvais (ce sont les quatre députés de l'Universilé) [Layettes du Trésor des Chartes, t. III, n° 4262.) Par une autre lettre du 27 juin, il lui recommande de ne pas souffrir que l'Université se transporte en un autre lieu {ibid., n° 4264). Plus tard, le 13 juin 1259, il écrit à saint Louis pour qu'il prête à révéque de Paris le secours du bras séculier contre les perturbateurs de la paix dans l'Université {ibid., n" 4495). Cf. Du Boulay, Uist. de VUniv. de Paris, t. III, p. 288 et suiv.
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éUiieiit des ibndations pieuses, destinées à recueillir quelques éludiaiits sans ressources (on les appelait quelcpiefois hôpitaux ou liospicesj : tels étaient le collège de Saint-lhoMias de (Jaiilorbéry ouSaiiit-Tliomas du Louvre, fondé au douzième siècle par Robert de Dreux; le collé^^e des dix-huit, vis-à-vis de l'ilôtel- Dieu, sous le patronage du do}'en du chapitre de Notre- Dame ; le collège des Anglais, le collège des Danois, le collège de Constantinople, établi après la con([uètc de l'empire grec par les croisés pour de jeunes Byzantins; le collège des Bons-Enfants de la rue Saint-IIonoré, fondé pour treize écoliers par un bourgeois de Paris, et un autre collège du môme nom, ouvert en 1248 dans la rue Saint- Victor; les collèges du trésorier d'IIarcourt, de Chollet, de Galvi, ce dernier créé par Robert de Sorbon* qui le fit servir de pépinière à son collège de théologie (nous allons en parler); enfin les collèges institués par les ordres religieux pour faire suivre à leurs élèves les cours de Paris : les collèges des MatUurins, des Bernardins, des Carmes; les collèges de Saint-Denis, de Prémontré, de Cluny. Ils y vivaient en communauté, sous une règle qui nous est restée pour ce dernier collège (1269)'; ils recevaient des leçons à l'intérieur comme au dehors et on les y formait par des exercices'. Saint Louis encouragea ces établissements par ses dons, et plusieurs, dans son testament, par ses legs, et il eut une grande part à la fondation du collège ûinieux qui depuis 13(H) environ porta lenom de Sorbonnc : Robert de Sorbon était son clerc ou
1. Ainsi nooimc du village tic Sorlion (A.rdenncs),cl'oii il était originaire. On l'appelle aussi Kobcrt Sorlion ou de Sorbonne. de Sorbona.
2. Yves de Vergy, abbj de Cluny, en fut l'auteur. Voy. Ga^ja Christ., t. IV, p, 1 149, et Félibicn, Ills:. de Pari.'i, t. I, p. 417.