Voy. ibid, p. 232 et suiv
n'ont plus, dcans le latin qui les reproduit, ni de sel ni de sens'.
On trouve pourtant et des phrases françaises dans les sermons latins, et des phrases latines dans ceux des sermons qui ont été reproduits en français. Ce sont parfois les textes allégués à l'appui de l'exhortation même; car cela se voit même pour le français, par exemple le curieux commentaire de la chanson :
Belle Aolliz mains {le matin] se leva.
Quand le mélange se fait capricieusement et sans ordre, on y a vu avec raison le fait ou du prédicateur lui-même qui, dans un canevas rapide, veut à l'avance fixer sa pensée en français, ou du clerc qui, dans une reproduction, même faite à loisir, n'a pas su la rendre en latin ; on y peut voir aussi le plus souvent l'intention de l'auteur qui, dans des sermons destinés à l'usage des autres, a voulu sur plusieurs points leur épargner le travail delà traduction*.
L'éloquence était donc l'apanage de l'Église seule. Quant à l'histoire, c'était elle encore qui, au treizième siècle, la continuait dans ses chroniques, reprenant en général le cours des événements au commencement du monde, pour le suivre, sans grand souci de la chronologie ni des règles de la critique, jusqu'au jour oii écrivait le rédacteur. Mais pourtant l'histoire avait pris déjà un caractère plus personnel, plus animé chez les historiens des croisades au douzième siècle. Les historiens de la première : Tudebode ou Tuebœuf, Raymond d'Agiles, Foucher de Chartres, Raoul de Gaen, Robert le moine, Baudry, Albert d'Aix, sont comme inspirés en plus d'un passage par