‹ Saint Louis et son tempsChapitre 80 sur 207 · Ihid., p. 240 et suiv · texte numérisé non relu

Ihid., p. 240 et suiv

les événements dont ils ont été les témoins ou qu'ils ont appris de la bouche des principaux acteurs. On trouve encore une composition bien ordonnée dans Guillaume de Tyr, qui écrit d'après eux; et Jacques de Vitry, au siècle suivant, s'il n'a plus que des désastres à raconter, s'en prend au relâchement des mœurs, et trouve pour les flétrir des accents indignés'. Il y a aussi une appréciation bien sentie des événements avec une information personnelle fort intelligente dans l'histoire oii le moine Rigord, que nous avons nommé tout à l'heure comme médecin, raconte les vingt-huit premières années de Philippe Auguste': récit continué par Guillaume le Breton, qui ensuite reprit le règne entier pour le faire rentrer dans le cadre d'un poème, comme nous le verrons plus loin. Il y a un vif sentiment de la lutte engagée dans les historiens de la croisade des Albigeois, Pierre de Vaux-Cernay, Guillaume de Puy- Laurcns. Il y a de la passion et quelquefois la verve d'un pamphlétaire (mais cela détruit l'autorité de l'historien) dans l'histoire de Matthieu Paris qui, par le sujet, n'intéresse pas moins la France que l'Angleterre. Le présent livre a pu faire apprécier les historiens de saint Louis. On a vu en particulier avec quel amour Guillaume de Chartres, Geoffroi de Beaulieu, le confesseur de la reine Marguerite, Joinville, parlent du saint roi qu'ils ont vu de si près, et quel ton de sincérité en même temps inspire à leur récit le prince qui aimait la vérité par-dessus tout.

1. Jacques de Vitry, Ilist. Orient, et Occid. libri très (Douai, 1596, in-12), et notamment sur la Terre Sainte, 1. II, ch. lx-lxxi. 11 y a un peu de l'exagération du sermonnaire dans l'historien. Voy. sa notice par Daunou, Jiist. littér., t. XIX, p. 209.

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