Voyez ibid., p. 34:{-3.'»C
la prise de la Rochelle et le siège d'Avignon *. Quant à saint Louis, aucun de ces poètes ne l'a chanté. Mais Joinville nous en console.
Diverses petites pièces latines rappelaient encore au treizième siècle les divers genres qui se développaient plus librement alors dans la poésie en langue vulgaire :
VÉlcgie : on en a publié plusieurs, une entre autres, sur la vanité du monde, où l'on a vu une sorte de réveil funèbre chanté la nuit des morts par les clercs ou par les moines à la porte des hauts dignitaires ecclésiastiques ou des abbés, avec ce refrain :
Surge, surge, vigila; semper esto paratus^.
La Satire : il y en a une très-vive de Pierre de la Vigne contre les prélats, le pape et les frères mineurs, satire digne du secrétaire intime de l'empereur Frédéric IP.
Enfin, la chanson légère, voire même la pastourelle avec la conclusion ordinaire de cette sorte d'idylles*.
Quoique l'Église ait été la maîtresse de tous ceux qui cultivaient les lettres, à quelque titre que ce fût, les écrits en langue vulgaire s'étaient plus naturellement dégagés de son influence. C'est ainsi qu'en dehors d'elle se forma toute une littérature d'un caractère original, œuvre des troubadours et des trouvères où Ton retrouve l'épopée, la poésie lyrique, la
1. Hist. littér. etc., t. XVI, p. 192, et XVIII, p. 80 et suîv.
2. Édélestand du Méril, Latina quœ médium per sexum in triviis necnon in monasteriis rulgahantiir carmina, p. 125. Cf. un article de Ch. Magnin dans le Journal dea savants, janvier 1847, p. 13.