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Lenient, la Satire en France au moyen âge, p. 12L

siècle de la poésie au mojeii âge, puur voir li^à raisons (le cet ascendant que la littérature provençale retenait encore au temps de saint Louis, mais qui dès lors touchait à son déclin. 11 faudrait remonter jusqu'au onzième siècle pour en trouver le nom le plus illustre, Guillaume IX, duc d'Aquitaineetcomle de Poitiers, un des soldats du la première croisade' ; mais la période de son éclat s'étend du milieu du douzième siècle aux premières années du treizième.

Les principaux loyers en étaient les cours des comtes de Toulouse et de Provence ; Montpellier, Marseille aussi; et c'est de là qu'elle étendait sa domination jusque sur les petites cours de l'Italie du nord et dans les royaumes d'Aragon et de Castille*. On sait la parenté qui unissait ces deux royaumes, et il faut se rappeler aussi que la maison de Barcelone, (|ui régnait en Aragon, avait, depuis J 1 G8, établi une de ses branches en Provence^

Tous les genres de la poésie lyrique et de la poésie familière étaient du domaine des troubadours : la chanson, terme appliqué à plusieurs sortes de pièces, toutes chantées d'ailleurs; le couplet, division de la chanson, mais quelquefois pris pour la chanson même, surtout la chanson d'amour; \eson ou soimct,

1. Hist. littéraire de la France, t. XIII, p. 42, et t. XX, p. 519.

2. Uist. lillér., t. XVI, p. 194 et saiv., t. XX, p. ÔIS, etc.

3. On si^'nale particulièrement comme ayant favorisé les troubadours à la fin du douzième et au treizième sièclo : en Provence, Alfonse 11^ comte de Provence (1196), fils de Raymond Berenger IV et neveu d'Alfonse II, roi d'Aragon, qui figure en Provence sous le titre d'Alfonse I"; avec lui sa femme Garsende de SaLran, poète elle-même; Uaymond Berenger IV, fils d'Alfonse II (1209), et sa femme Béatrix de Savoie; — à Toulouse, Raymond VI (1194) et Raymond VII (1222); — en Aragon, Jacques l" (1213), et Pierre III, son fils (1276); — en Casliile, Allonse IX (llo8), Ferdinand III (1230) et Alfonse X (1252). [Uist. littér., t. XIX, p. 443.) — Voy. Fr. Diez, la Poésie des troubadours, Irad. du baron F. du Roisin, p. ô7.

qui se chantait aussi avec ou sans accompagnement d'instruments; le planh {planclus) ou complainte, forme de l'élégie; la tenson^ sorte de dialogue où deux interlocuteurs, et le plus souvent deux poëtes rivaux, disputaient par couplets de même mesure et de semblables rimes sur l'amour, la morale, la chevalerie et quelquefois sur leurs faits et gestes : comme la tenson où Albert, marquis de Malaspina, et Rambaud de Vaqueiras se reprochent d'avoir été, celui-ci mendiant, celui-là voleur de grand chemin ; comme celles encore où le même Rambaud et Guillaume IV d'Orange se renvoient l'un à l'autre les plus sanglantes injures', La tenson s'appelait Sius,si partimcîi ou jeu parti quand l'objet en était un débat amoureux. Il faut citer encore le sirvente, pièce particulièrement satirique, qui se déclamait ou se chantait, et s'appli quait à tous les sujets de la satire, les personnes, les mœurs, la politique; Vépître, la pastourelle, sorte d'églogue, V aubade et la sérénade, chants où l'amant conjure l'aube comme importune, ou invoque le soir comme favorable à ses désirs ; la ronde et d'autres espèces régulières ou irrégulières [sixtine, descort, etc.^), variées à l'infini dans leur coupe, dans leur rhythme, où le poëte semble mettre savanitéàse jouer, avec une rare souplesse, au milieu de mille difficultés de détail accumulées comme à plaisir ^ Ces genres

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