Ibid., t. XVII, p
G. Fauriel, qui a publié ce poème, croyait que les deux parties, si différentes qu'elles soient par le ton et par l'esprit, sont du même auteur, écrivant à deux époques sous l'impression différente que le cours des événements avait produite en lui. M. Guibal a soutenu au contraire que la première partie, simple chronique rimée. hostile aux Albigeois, et la seconde, vrai poëme tout animé de haine contre les chefs de la croisade, sont de deux auteurs différents. M. P. Meyer se prononce pour celte dualité et il la prouve par une argumentation courte et décisive, fondée sur la langue et la versification des deux parties; il en fixe la date : 1" par-
La guerre n'eut qu'un temps ; mais les suites en furent plus durables. Ce fut l'établissement de la maison de France dans ces contrées. Déjà, avant la guerre des Albigeois, Philippe Auguste avait conquis Poitiers; depuis, son fils Louis VIII avait accepté la cession de tous les droits des comtes de Montfort sur Toulouse : et quand une transaction eut été conclue au traité de Paris (i229) entre Raymond VII et Blanche de Castille, la domination de la France avait pris pied au milieu des pays de langue provençale par les sénéchaussées de Beaucaire et de Carcassonne, en attendant l'héritage de Toulouse, assuré par un mariage à Fun des frères du roi. En 1249, Alfonse de Poitiers recueillait cette grande succession de Toulouse ; trois ans auparavant, son frère Charles d'Anjou avait obtenu par un autre mariage, le comté de Provence. Bien que rien ne fût changé encore dans la condition politique de ces contrées; que la langue d'oc fût toujours la langue non-seulement du peuple, mais de la cour ; bien que les troubadours y trouvassent, aux côtés des princes français, les filles des anciens comtes du pays ; qu'ils fussent toujours admis à les chanter et pas trop mal accueillis des nouveaux comtes : néanmoins ils ne se retrouvaient plus là chez eux, ils se tournaient plus volontiers vers les comtes de Foix et de Rodez ou même vers les princes du dehors, les seigneurs de la maison d'Esté et les rois d'Aragon ou de Castille*. Si leur pensée se reporte sur leur pays, c'est pour y chercher l'inspiration de quelqu'un de ces chants qui avaient fait le renom de Bertrand de Born, le sirvente.
tie, 1210-1213; 2« partie, 1218-1219. {BibL. de V Ecole des Chartes, 1864- 1865, p. 401 et suiv.)