‹ Saint Louis et son tempsChapitre 95 sur 207 · nist. litt., t. XX, p. bG · texte numérisé non relu

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3. Au milieu des Gibelins, qui l'accueillirent, il ne fut pas, comme on le pense bien, plus réservé à l'égard du pape. C'est en Italie qu'il composa son virulent pamphlet contre Rome : son héros est Frédéric II quand il est pour la première fois excommunié par Grétroire IX; et pourtant, (mobilité des poêles!) dans une pièce suivante, il parut se féliciter de la réconciliation de l'empereur et du pape (r230) et du traité qui. l'année précédente (1229), avait terminé la querelle du comte de Toulouse et du roi de France [Hist. lillér., t. XVIII, p. 651 et suiv.).

4. Hist. liilcr. de la France, t. XVIII, p. 666. ô. Ibid., p. 667-670.

Toulouse, paraît moins préoccupé des événements dont sa ville natale fut le principal théâtre. Obligé de s'expatrier pour un duel, il avait passé le temps de sa jeunesse dans les cours étrangères au delà des Pyrénées et au delà des Alpes : en Catalogne et en Castille; près du marquis de Montferrat;, d'Azzon d'Esté et du seigneur de Malaspina. Il est donc, lui, tout aux chants d'amour ; mais si indifférent qu'il paraisse aux événements politiques de son temps, il partage les appréhensions qu'inspire aux autres la nationalité du Midi menacée. Il pressent l'invasion de lalansrue d'oil au sein de la langue d'oc : c'est au moment où la mort de Bérenger IV et le mariage de Béatrix vont faire passer son héritage aux mains d'un prince français. Il plaint le sort des Provençaux :

Car pour un bon seignor ils vont avoir un sire ;

et il estime que pour eux ce serait grand profit d'être morts'.

Les poètes étrangers d'origine qui écrivaient dans la langue des troubadours avaient eux-mêmes adopté leurs sentiments à cet égard. Sordel, de Mantoue, par exemple, se fait si bien leur concitoyen que comme eux il s'attaque à ceux qui, n'ayant pas soutenu le comte de Toulouse contre la France, l'ont réduit à signer le traité de Paris (1229). Sa passion pour la cause qu'il avait embrassée éclate surtout dans sa complainte sur la mort deBlacas ; par une inspiration sauvage, il veut qu'on lui arrache le cœur et que les barons qui n'en ont pas s'en repaissent : « Nourris de ce cœur, dit-il, ils en auront assez. » Et il va

L Hist. liUér., t. XVIIl, p. 694.

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dislribuaal cette pâture au roi d'Angleterre, au roi de Castille, au comte de Champafrne, roi de Navarre, au comte de Toulouse, pour qu'ils apprennent à défendre leurs États; mais aussi, par une singulière contradiction, à l'empereur et au roi de France, pour qu'ils conquièrent ceux des autres : l'empereur, le Milanais; le roi de France, la Castille'.

Quelques troubadours soutinrent, il est vrai, la thèse contraire. Izarn s'attaque auxAlbigeois*; c'était son rôle : il était dominicain et inquisiteur. La dame Germonde réfute le sirvente de Figueiras contre Rome (Emeric David soupçonne que c'est un inquisiteur aussi sous un faux nom ^). D'autres s'attaquent même au comte de Toulouse dont pourtant, avec un peu de bon vouloir, on aurait pu séparer la cause de celle des hérétiques : témoin Hugues de Saint-Cyr; ce fut sa manière de reconnaître les bienfaits qu'il en avait reçus. Il y en eut même qui prirent parti pour les Français contre les Provençaux, conmie Boniface de Castellane : par je ne sais quel sentiment de rancune, il lui plaît de voir les Provençaux battus par les Français \ Mais ce furent de rares exceptions et le courant contraire domine. Guillaume de Montagnagout, par exemple, fit un sirvente pour entraîner plus de monde encore dans la grande insurrection de 1242 contre saint Louis \ 11 ne faut pas s'étonner de lui voir eusuite reprocher si amèrement aux Provençaux d'avoir accepté pour seigneur Charles d'Anjou; « Ce pays, s'écrie-t-il, ne mérite plus le nom de Proensa (pays des preux) ; qu'il s'appelle Falhensa : car il a failli

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