‹ Saint Louis et son tempsChapitre 96 sur 207 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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envers lui-même et envers riionneur^ quand il a changé une seigneurie loyale et chère pour une autre avare'. » Paulet de Marseille, qui étaitparvenuà l'âge de raison quand Charles d'Anjou prit possession de la Provence, eut toute sa vie l'aversion de la France. Au milieu de ses chants d'amour qui témoignent d'un vrai talent, on trouve des pastourelles oii respire toute sa haine contre les nouveaux maîtres de la Provence. Dans une de ces pièces, quand Charles, soutenu du pape et de tout le parti guelfe en Italie, est à la veille de livrer la bataille deBénévent, sa bergère lui demande « pourquoi le comte qui tient la Provence veut faire détruire tous les Provençaux qui ne sont pas coupables à son égard ; pourquoi il veut dépouiller le roi jManfred qui ne tient de lui aucune terre et ne lui a rien fait* ? et un peu plus lard, après la bataille de Tagliacozzo, il pleure la captivité de Henri de Castille, compagnon de Gonradin dans sa téméraire entreprise \

La croisade fit pour quelques-uns diversion à ces querelles intérieures. Elias Cairels excitait dans les termes le plus vifs Guillaume IV, marquis de Monferrat, à aller soutenir son frère Démétrius dans les États que leur père commun, Boniface, avait recueillis de la quatrième croisade : le royaume deThessalonique, transmis àDémétrius par Guillaume, et enlevé à ce prince par Frédéric Lange en V2T2. Par d'autres chants il s'attaque aux princes qui se font la guerre les uns aux autres, laissant aux

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