LA COURSE
l'illustre abbaye. Sous Louis XIII, vingt-cinq navires de Saint-Malo contribuent à réduire La Rochelle, alliée de l'Angleterre. Sous LpuisXI V. les co rsa[res malouins sont les premiers corsaires d'une époque où il y en avait tant. De 1688 à 1698, en dix ans, les Porée, les Le Fer, les Jocet, lesTrouin, ont capturé 262 vaisseaux de guerre et 3,380 bâtiments de commerce. Pendant les guerres du xviii*' siècle, ces exploits continuent avec les Bouvet, les Le Fer encore, les Danycan, les Magon; pendant les guerres de l'Empire, avec les Surcouf, les Niquet, les Debon, les Sauveur.
La course ayant joué dans l'histoire de Saint-Malo un rôle si considérable, quelques aperçus généraux sur la matière ne seront pas déplacés en cette Introduction.
Et d'abord, il faut distinguer la course de la piraterie. Le pirate est un brigand qui vole à main armée sur les grandes routes de la mer ; en paix comme en guerre, il attaque, pille ou rançonne étrangers et nationaux; mis hors la loi par tous les codes, on le pend, aussitôt pris, aux vergues de son navire. Le corsaire est un belligérant, un chef de corps franc sur mer, qui reçoit mission de l'État pour capturer, en temps de guerre, les bâtiments appartenant à Tennemi ou le favorisant.
Sans doute, la course fut trop souvent, au moyen