LES CORSAIRES. I J
âge, ainsi que les guerres privées d'alors, un acte de représailles qu'exerçait une ville, voire un simple particulier, contre quiconque avait lésé son commerce, molesté ses équipages, insulté son pavillon. Mais, à partir du xv° siècle, la police et la diplomatie tendant à remplacer l'action individuelle, les gouvernements s'efforcèrent de restreindre la course à la seule course de guerre. Le blocus du Tage, infligé au roi Jean III de Portugal par l'armateur dieppois Ango, qui vengeait l'injure faite à ses navires, semble bien le dernier épisode de la course de représailles.
Au xvii' siècle, la course de guerre est définitivement organisée en France.
Nul corsaire ne pouvait sortir sans avoir obtenu de l'Amiral 1 une UUre de marque, ou commission de course, portant le nom du navire el de son capitaine, le nombre de son équipage et de ses canons. Cette lettre qualifiait pour courir sus au commerce ennemi. Étaient de bonne prise ; les bâtiments sans papiers de bord, les bâtiments de l'adversaire, les bâtiments neutres ayant marchandises de ou pour l'adversaire. Permis au corsaire d'arborer différents pavillons, mais
i. De l'Amiral de France. Le litulaire de celte cluir^c, — qui n'ttait pas toujours un marin, — portail seul le nom
vice-amiral du Ponanl. Les gruiies supil'rieurs ùtaieni alors ; il-général des armées navales du roi, et chef d'escadre.