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Le quartier Moka^ v. p. IG, note

du Val, les grèves de Chasles et la nouvelle route nationale n° 137 de Bordeaux à Saint-Malo (1844). De nos jours, on irrigue, on comble encore. La bataille aura duré cinq cents ans.

Avec l'autorisation du Chapitre, s'éleva d'abord au Grand Talard, en 1583, lors de la peste, le nouveau Sanitat^; puis, avec l'autorisation du roi, en 1706, le magasin à poudre 2, puis, vers cette même époque, l'arsenal de la marine 3. Outre ces bâtiments, des corderies, deux moulins, de maigres fermes, furent longtemps les seules habitations des Talards.

Combien tout diffère aujourd'hui I La gare du chemin de fer, environnée d'hôtels, de magasins, de bazars, anime ces plaines jadis si tristes, si désertes. La grève de Chasles est un champ de courses; Rocabey montre une vaste caserne et une belle église. Partout les terrains se nivellent, partout des villas se bâtissent. Faubourg naissant qui joindra bientôt la ville môme.

Un tramway à vapeur fait déjà communiquer Saint- Servan, les Talards et Saint-Malo.

1. Sur remplacement actuel de la corderie Thébaut. On retrouve encore quelques restes des anciens bâtiments et de la Chapelle Saint-Roch. — Cet hôpital de Pestiférés, extramuros, remplaçait le Sanitat urbain, abandonné.

2. Il sauta le 10 juin 1830. Un magasin à poudre civil existe aujourd'hui presque au môme endroit.

3. Actuellement caserne d'artillerie et manutention du Talard.

LES MIELLES. 4I

LES MIELLES

La route qui va de Saint-Servan à Saint-Malo par la terre ferme traverse les anciennes grèves des Talards ; celle qui vient de Paramé traverse les anciennes Miellés.

Dunes de sable couvertes de plantes graminées, de genêts, de chardons bleutés et d'ajoncs, ces Miellés ou Niels s'étendaient entre la baie intérieure et la grande mer, depuis les coteaux de Paramé jusqu'à la chaussée du Sillon. Leur superficie était considérable. En 1778, le maréchal de Broglie y fit camper 11,000 hommes, destinés à Tinvasion de Jersey.

En Paramé, à deux cents mètres "environ de la Croix de Mi-Grève i, un monticule, appelé Hcgueitc, dominait les mamelons voisins. Tout près, s'ouvrait jadis un petit port assez fréquenté. Sur le monticule, la seigneurie du Plessis-Bertrand dressa plus tard ses bois patibulaires. La Révolution de 1789 les abattit ;

1. Cette croix marquait les limites entre la Seigneurie ecclésiastique de Saint-Malo et la Seigneurie du Plessis-Bertrand.

Réédiliée dernièrement, en son lieu primitif, par les soins de M. Maigné, elle s'élève sur la digue de Rochcbonne, entre \2iuilla Thermidor qX \a pilla des Vagues. Le socle porte encore des armoiries très frustes : d'un côté, l'aigle à deux têtes, — qui est Du Guesclin et Plessis-Bertrand; de l'autre, le navire d'or, — qui est du Chapitre.

et, après la Révolution de 1830, un grand banquet patriotique eut lieu à cet endroit ^ Artilleurs, soldats de ligne, gardes nationaux, fraternisèrent sur les ruines de la justice féodale.

Non loin de la Hoguette, dans TOuest, une butte artificielle évoquait de plus joyeux souvenirs. C'était La Redoute, mauvais fortin délabré, que la jeunesse malouine choisissait volontiers pour lieu de ses ébats. La place où La Redoute s'élevait naguère conserve encore ce nom.

Hoguette et Redoute ont disparu. Il y a. quelque trente ans, la spéculation s'avisa de transformer les sables en terrains à bâtir. Une digue puissante soutint partout la dune que minait chaque marée. D'élégants chalets, de somptueuses villas, un casino monumental, bordent maintenant la digue de Rochebonne et les avenues voisines.

De ces pauvres Miellés où notre enfance venait cueillir la pâquerette blanche et la fleur d'or du genêt, rien ne subsiste aujourd'hui,

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