‹ Saint-Malo historiqueChapitre 61 sur 123 · SIÈGE DE · texte numérisé non relu

SIÈGE DE

Montfort avait triomphé de Blois. Jean V, qui devait le trône ducal aux Anglais, leur bailla tant de charges à sa cour, tant de villes en ses domaines, que lis seigneurs bretons, indignés, se soulevèrent et le bannirent. Londres accueillit Texilé. Mais les fêtes de Windsor ne l'empêchaient point de songer au retour. Après cinq ans de rudes chevauchées et de vaines tentatives, Jean se morfondait en Angleterre, lorsque son beau-frère, Jean de Gand, duc de Lancastre, promit d'aller lui quérir les clefs de Saint-Malo.

Lancastre vint donc assiéger la ville avec une flotte considérable, 4,000 hommes d'armes, 8,000 archers et, selon Froissart, qui sans doute exagère, 400 canons. Il campa sur les Miellés, établit ses bombardes devant l'ancienne porte Saint-Thomas, en la dune appelée le Gros Sillon, battit à grand feu le rempart ^ et y fit brèche.

t. Ogée dit le Donjon; il se trompe. Les Anglais battirent la courtine, à droite de la porte Saint-Thomas, porte actuelle

Plusieurs assauts se suivirent, meurtriers, opiniâtres : Tun d'eux dura tout un jour. Heureusement, le vicomte de La Berlière, le sire de Malestroit et le seigneur de Combourg avaient amené 200 hommes. Ce renfort, joint aux compagnies bourgeoises, permit au capitaine de Saint-Malo, le brave Jean Morfouace, de jeter, chaque fois, les assaillants à bas des murailles.

Et puis, Du Guesclin,le bon connétable,- accourut de Cherbourg. Son armée occupait Saint -Servan, séparée seulement de Tennemi par le port, les marais des Talards et le chenal du Routhouan. Si les Anglais s'avançaient, à mer basse, sur le Sillon et les grèves. Du Guesclin paraissait, menaçant, sur le bord opposé ; s'ils se disposaient à traverser les marais. Du Guesclin refusait le combat. Ainsi, assauts et bataille devenaient impossibles.

Lancastre feignit alors de changer le siège en blocus ; mais, secrètement, il faisait creuser une mine au Gros Sillon pour renverser un pan des remparts et « ouvrir la ville ». Le vigilant Morfouace, bien renseigné par ses espions, savait tout et laissait faire, guettant Toc-

du ChAtcau; le Gros Donjon ne fut commencé qu'en 1424. Cela n'inquiète pas les GuUcs, qui racontent qu'en réparant la brèche ouverte au Gros Donjon, les Malouins y placèrent les trois boulets anglais qu'on y voit encore. Ces boulets sont peut-ôtre des boulets de Lancastre ; mais ils auront été trouvés plus tard, en creusant les fondations du Donjon, et incrustés par les ouvriers dans le mur qu'ils bâtissaient.

casion favorable. Elle arriva. Une nuit que Richard d'Arondel gardait mal les travaux, Morfouace descendit des remparts, « rompit la mine, » égorgea les sapeurs, surprit le camp anglais et mit le feu aux tentes. Lancastre, découragé, « rentra en sa navie » et fit voile vers l'Angleterre.

Ce fut le premier siège, digne de ce nom^, que subit la cité malouine.

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