CHAPITRE XXX
l'église SALXT-MARTIN de LIGUGÉ DEPUIS LE CONCORDAT DE 1801 JUSQU A LA RESTAURATION DU MONASTÈRE.
Après dixaiisde révolutions successives, la France, lasse de l'anarchie, aspirait à une autorité quelconque ; et la liberté , qui jusqu'alors avait été un fantôme , tendait à s'imposer , même au Directoire. Bonaparte , avec son coup d'œil de génie , comprit tout le parti qu'il pouvait tirer de la situation , et le coup d'État du 18 brumaire an VllI (9 novembre 1799) fut le signal d'une politique toute nouvelle à l'intérieur. Déjà, sous le Directoire , malgré les lois de proscription qui pesaient toujours sur le clergé catholique , une foule de prêtres déportés ou volontairement exilés étaient rentrés dans leurs foyers, et exerçaient dans l'ombre leur ministère sacré. La Coustitutioï) de l'an VIIJ , ou du gouvernement consulaire, acheva d'inspirer la confiance aux cœurs les plus défiants. Les confesseurs de la foi franchirent en foule la frontière et ne craignirent plus de paraître au grand jour. Les révolutionnaires s'en émurent ; et une loi , ou tout au moins un arrêté du ministre de la police générale, le trop fameux Fouché (21 nivôse an YIII, 11 janvier 1800), exigea de tous les prêtres qui voulurent participer au bienfait de l'amnistie, le serment d'être fidèle à la nouvelle Constitution de l'an YIII. Comme plusieurs ne tenaient