‹ Saint Martin et son monastère de LigugéChapitre 12 sur 153 · Ammian. Marcellin. lib. XIV · texte numérisé non relu

Ammian. Marcellin. lib. XIV

4. Ammian. Marcellin. lib. XIV, 10. <r Emensis itaque difficultatibùs multis et nive obrutis callibus jihiribujt, ubi prope Rauracum ventum est,- etc. » J'ai prouvé, dans l'Appendice, à la fin de ce volume, pourquoi je substitue ici Bauracvm à Vangionum ci/vitatem et ConHanee à Julien VApostat^ qui se lisent

sages encombrés de neige, jusqu'au pied de la forteresse de Rauracum^ tout près de Bâle, et qui commandait alors la frontière du Rhin. Constance, voulant récompenser l'entrain avec lequel ses troupes avaient franchi les obstacles, et animer leur courage contre Tennemi , fit une distribution extraordinaire d'argent. Saint Martin profita de la circonstance pour demander son congé définitif. Lors donc qu'il fut appelé pour recevoir la gratification qui lui était destinée: c Jusqu'ici, dit-il à l'empereur, j'ai milité pour toi ; souflFre que désormais je milite pour Dieu. Que ceux de tes soldats qui doivent combattre reçoivent la gratification. Pour moi je suis soldat du Christ, et comme tel il ne m'est pas permis de prendre part à une lutte sanglante. >

Constance, arien déclaré, et, partant, peu favoable aux privilèges des moines et des prêtres, entra dansune violente colère à ces paroles: « Lâche! s'écria-t-il, c'est la peur du combat qui doit se livrer demain, et non pas un motif de religion, qui te fait refuser de prendre part à Faction! » r— Moi lâche ! répondit saint Martin avec calme et dignité. Eh bien ! puisqu'on attribue à ma lâcheté et non pas à mes principes de foi ma détermination, demain je me présenterai sans armes devant le front de bataille des' ennemis, et au nom du Seigneur Jésus, protégé, non par un glaive ou un casque, mais par le seul signe de la croix, je m'a-

dans le texte de Sulpice- Sévère ( Vit. S. Mart. c. IV). Mais les autres circonstances sont exactement les mêmes que celles rapportées par Sulpice- Sévère.

« vancerai sans crainte jusque dans les rangs des « barbares. »

On accepta le défi, et on enferma notre saint sous bonne garde. Mais Dieu vint au secours de son serviteur. Les Alleraans, ayant appris que les Romains avaient découvert un gué pour les surprendre, envoyèrent, avant l'aurore, des députés pour implorer la paix, promettant de consacrer leurs personnes et leurs biens au service de l'empire. Constance, dont l'autorité n'était pas encore très-affermie en Occident, accepta leur soumission. Dès lors la retraite de saint Martin fut acceptée.

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