‹ Saint Martin et son monastère de LigugéChapitre 25 sur 153 · Cf. Vies des saints personnages de V Anjou ^ %. I, p · texte numérisé non relu

Cf. Vies des saints personnages de V Anjou ^ %. I, p

Nantaise et la Moine, recueillant d'abondantes moissons de salut, et fondant de nombreux monastères , notamment à Rosciacum, aujourd'hui Roussay, non loin de Montfaucon-sur-Moine , et à Espetven , qui prit, après la mort du saint apôtre, le nom de Saint- Macaire-en-Mauges, à environ deux lieues deCholet.

Les habitants du Bocage vendéen l'ont vénéré longtemps comme leur père dans la foi *. Si, dans la suite, le souvenir de ses travaux apostoliques s'effaça de leur mémoire, il n'en fut pas de même de ses enseignements. L'histoire proclame assez haut à quelle profondeur ce grand disciple de sajnt Mai*tin implanta dans leur cœur la racine de la foi et de l'héroïsme chrétien. Les maisons religieuses qu'il avait fondées répandirent autour d'elles la bonne odeur de Jésus-Christ, jusqu'au jour où le fléau de la commende s'abattit sur elles, au vni» siècle. Enfin, sous le règne de Charlemagne, un pieux laïque, nommé Poliern, qui en avait Isicommende ou administration, en fit don à l'abbaye de Saint-Florent; et jusqu'à la fin du dernier siècle, le monastère de Saint 'Macaire-en-Mauges , fut l'une des plus riches dépendances de l'antique abbaye de Saint-Florent du Mont-Glonne.

Ce nom de saint Florent nous amène naturelle-

1. Si l'on voulait former des conjectures, on dirait que ce saint Macaire des Manges est peut-être le même que le Saint Macalre, diaciple d-e saint Martin, qui devint évêque de Comminges ? (BoUand. Act. SS. t. I. mai, p. 497, édit. Palmé.) Il est cei'tain que, autant les monuments historiques parlent des travaux et dos œuvres de saint Macaire, dans les Mauges, autant ils se taisent sur son tombeau et la vénération envers ses reliqiK's, dans le mfnne pavs.

meDt à dire un mot de ce grand serviteur de Dieu « le plus illustre disciple de notre admirable saint Martin. Selon toute probabilité, ce fut du saint abbé de Ligugé et de saint Hilaire qu il reçut la mission d'évangéliser les peuples qui habitaient sur les bords de la Loire , jusqu aux confins du diocèse d'Angers •.

Il n'entre pas dans notre plan de retracer ses vertus et ses nombreux miracles. Disons seulement qu'il naquit en Norique, province voisine delà Pannonie, patrie de saint Martin. Persécuté comme lui par les ennemis de la foi chrétienne, il vint, comme lui. se

1. Les Acte«qui nous restent de saint Florent ont malheureusement été interpolés. La., difficulté est de trouver la vérité au milieu des additions ou des changements maladroits qui y ont été faits. Dans nos SainU permmiagt» ds V Anjou (t. I, 47), nous avons essayé de résoudre cette difficulté en attribuant à l'époque barbare de la fin du iv® siècle, la persécution que, selon plusieurs manuscrits de ces Actes, saint Florent et son frère saint Florian souffrirent sous Dioclétien ; et ainsi nous avons fait venir saint Florent auprès de saint Maitin son maître, aloi-s que celui-ci était déjà, évêque de Tours. Depuis la publication de cet ouvrage, nous avons réfléchi sur cette question ; et il nous a semblé qu'il était plus probable que saint Florent fut persécuté en même temps que saint Martin, par les Ariens du Norique ou de Milan, comme le dit Maan, et qu'il fut un de ceux qui suivirent ou qui vinrent trouver saint Martin à Poitiers et à Ligugé. Peut-être même est-il ce prêtre innommé et vénérable qui accompagna le saint, de Milan dans l'île Galinari^ comme le rapporte Sulpice- Sévère ? Quoi qu'il en soit, il paraît plus naturel et plus conforme aux probabilités historiques de faire sortir de Ligugé les diuciples de saint Martin qui évangélisèrent le Poitou. Or le pays évangélisé par saint Florent était alors incontestablement du diocèse de Poitiers. Nous pouvons donc revendiquer ce saint comme ayant professé la vie monastique à Ligugé.

réfugier auprès de saint Hilaire et fut probablement un des premiers habitants du monastère de Ligugé. Mais la dignité du sacerdoce dont il était revêtu , ou dont on le revêtit bientôt, le fit choisir par saint Hilaire et saint Martin pour aller répandre la lumière de rÉvangile à l'extrémité septentrionale du diocèse de Poitiers. On dit même que cette mission lui fut donnée directement du Ciel.

,Quoi qu'il en soit, Dieu bénit son apostolat au delà même de ses espérances. Le nom de saint Florent devint bientôt populaire dans le pays des Manges. Profitant de cette salutaire influence , notre saint apôtre groupa autour de lui un certain nombre de disciples, avec lesquels il jeta les fondements d'un monastère sur la crête du rocher du Hont-Glonne (Saint-Florent-le- Vieil) *. Ce rocher, transformé en citadelle spirituelle, fut comme un phare lumineux, qui servit à guider les braves habitants des Mauges dans la voie toujours périlleuse du salut. Devenu dans la suite l'un des centres monastiques les plus féconds de nos provinces de l'Ouest et même de la France entière, il a immortalisé le nom de saint Florent, et lui a mérité dans l'histoire une des places

1. Un auteur moderne a émis cette étrange proposition, que ce saint Florent^ dUciple de saint Martin^ lie fut jamais moines et encore moins abbéf parce qtie ce titre iCa été donne aux supé^ rieurs de monastères (en Occident ?) qu'à partir de saint Benoit; que les Bénédictins ne l'ont attribué aux supérieurs antérieurs au vie siècle que pour accaparer à leur profit de grands ou de saints personnages / » On ne peut pas être plus ignorant. Nonseulement l'Orient, mais l'Occident tout entier proteste contre cette assertion. Saint Pacôme, saint Macaire,etc., en Orient, saint Marsius et tous les saints ABBÉâ de l'Irlande, etc., en Occident, n'ont- ils pas vécu avant saint Benoît ? (Voyez dans les BoUandistos, au 31 juillet, la Vie de saint Germain d'Auxerre, au n® 16.)

d'honneur réservées aux grands instruments de la divine Providence.

Nous fermons ici cette galerie, — tout incomplète qu'elle est, — des disciples de S. Martin, qui, après avoir puisé, sous les frais ombrages de Ligugé, les inspirations de la charité, allèrent verser en diverses contrées le trop plein de leur zèle apostolique. Nous avons hâte de revenir auprès de saint Martin leur maître, et de le contempler encore un instant dans sa cellule monastique, avant d'être contraint de le suivre sur les bords de la Loire, à Tours, à Harmoutiers et à Candes-sous-Montsoreau.

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