SA MORT
Comme nous venons de le constater, le petit monastère de Ligugé , illuminé par l'immense charité de saint Martin, était devenu un ardent foyer de vie monastique et de zèle apostolique. Le grand Hilaire, évéque de Poitiers, avait largement utilisé ce nouvel arsenal, qui était son œuvre de prédilection, pour achever de détruire dans son diocèse les derniers retranchements du paganisme expirant. Il était fier, à juste titre, de tant de travaux accomplis en si peu d'années. Aussi aimait-il à donner à ses amis qui venaient le visiter, comme saint Maternien,évêque de Reims *, et tant d'autres, le spectacle de l'humilité, du recueillement et de la science qui fleurissaient dans sa chère vallée du Clain. Le bienheureux pontife pouvait chanter désormais le cantique du saint vieillard Siméon ; et en effet, le 13 janvier de l'an 368, les Anges vinrent ravir son âme à la terre pour l'emporter sur le trône magnifique formé au ciel par ses- mérites.
Après la mort de son maître incomparable , saint Martin continua, dans le silence de la prière, l'œuvre de sanctification qui lui était confiée. Il semble (fue le clergé de Poitiers se laissa entraîner à des conseils