‹ Saint Martin et son monastère de LigugéChapitre 28 sur 153 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

SAINT SÀVIN, MOINE DE LIGUGË.

La mort de saint Martin et la translation de son précieux corps dans la ville de Tours dirigea naturellement l'attention des esprits et la feveur des fidèles du côté de cette métropole. Ligugé perdit une partie de sa renommée ; mais il n'en demeura pas moins un des centres les plus fervents et les plus féconds de la vie monastique. Il serait difficile aujourd'hui de faire connaître les monastères qui durent leur origine aux essains de moines sortis de Ligugé ; mais les monuments de l'histoire, comme nous le prouverons ailleurs, nous montrant, dès le vi« siècle, le Poitou peuplé de moines jusque dans les moindres villages, on peut dire, après Mgr Cousseau *, que l'abbaye de Ligugé fut, en quelque sorte, avec Marmoutier, le chef d'ordre de tous les monastères de notre Gaule occidentale, et du Poitou en particulier. La renommée de la sainteté de ses religieux fut, pendant plusieurs siècles , un sujet d'édification pour la province. Nous en avons pour garant les actes de saint Sa vin, qui y vécut plusieurs années.

Saint Savin était né à Barcelone, de parents illustres par leur naissance. Encore tout enfant, il perdit son père, et devint ainsi la seule consolation de sa mère désolée '. Celle-ci s'attacha avec d'autant plus

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