‹ Saint Martin et son monastère de LigugéChapitre 46 sur 153 · Bai'n;t. nov. Labbe, II, 2S · texte numérisé non relu

Bai'n;t. nov. Labbe, II, 2S

qualités de sa race. Le duc Guillaume s'en servit utilement pour répandre la réforme dans les divers monastères de ses États. Un très-grand nombre se soumirent en effet à sa direction, et il en gouverna même plusieurs avec le titre d'abbé.

D'autres furent placés ou se placèrent eux-mêmes sous la dépendance immédiate de l'abbaye de Maillezais. De ce nombre fut notre monastère de Ligugé *; et, si Ton en juge par les restes que nous pouvons encore admirer sous la tour du clocher actuel, notre église fut restaurée sur un plan digne du grand souvenir qu'elle rappelait. Ces ruines sont en même temps des témoins fidèles de l'importance relative qu'elle acquit, à cette époque, sous l'inspiration de l'abbé de Maillezais. Il faut même que cette réforme et cette restauration aient été remarquables, puisque plus de cent quarante ans après, comme nous le

l. Nous n'avoDs pas de preuve directe que ce fut sous cet abbé que notre abbaye fut incorporée au domaine de Maillezais ; mais, d'une part, les arceaux et les chapiteaux des colonnes enfouis sous le clocher, et la mention de Ligugé comme dépendance de Maillezais, dès l'an 1065, presque aussitôt après la mort de Theudelin ,Raymundus, 2)raipositHs de Luzîaco^ pour Ltguziacfl^'Amsi que le prouve une autre charte de 1038 Qiwivon.Hi^. de Maillezais par Lacurie, p. 213, 218) ; d'autre part, l'assertion de Pierre de Maillezais , auteur contemporain, qui nous apprend que Theudelin régit et accapaf^a nn grand nombre de monastères , sont des témoignages plus que suffisants et de la réforme inaugurée, à cette époque, à Ligugé, et de l'annexion qui en fut faite par Theudelin à son abbaye de Maillezais. La charte citée plus haut démontre que notre monastère , au XP siècle , portait le titre de Prévôté ; elle le conserva jusqu'à la fin du xiv« siècle, comme le prouve un document de la baronie de Didonne, de l'an 1337 (^Titres de cette baronie, communication de M. Marcbcgny.)

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veiToiis bientôt. lacoiiKiiuiiauic de Saint-Martin éiail encore florissante . et son pèlerinage plus fréquenté que jamais. Était-il possible en effet, à une époque où les traditions monastiques étaient de toutes parts renouvelées par la piété de Guillaume le Grand et de ses enfants, que la m^^moire de notre grand thaumaturge ne fût pas l'objet d'une profonde vénération dans un lieu qui avait été le véritable berceau de la vie religieuse dans la Gaule occidentale ? On serait plutôt en droit de s'étonner que l'illustre prince des Aquitains, dont l'esprit était si élevé et si rempli des grands enseignements du passé , comme nous le dirons «Heurs , n'ait pas restitué à notre monastère sa splendeur première et son autonomie. S il ne l'a pas fait, c'est que les domaines nombreux et importants, autrefois dépendants de notre maison, étaient dispersés en trop de mains, et trop difficiles à réunir *. Cet obstacle , ajouté à la prédilection du prince pour l'abbaye de Maillezais, œuvi'e de sa mère vénérée, peut seul expliquer la sujétion irrévocable qui fut imposée à l'antique sanctuaire de Saint-Martin de Ligugé. On peut, du reste, admettre que cette déplorable annexion ne fut consommée qu'après la mort de Guillaume le Grand, vers l'an 1040, puisque l'abbé Theudelin ne mourut que quinze ans après ce prince, en 10i5.

1. Le 28 jaBvier 1077, le fils de Guillaume le Grand donnait & son nouveau monastère de Montiomevf^ entre autres possessions, la terre de Liguée avec celle du Prémaly et de Paché, Ϋ'W avait acquise de rarehevêqve de Bordeaux et de ses chu' ^ines. (D. Font. XIX, 33. Cette pièce est conservée aux Archives de la Vienne.) Ainsi les domaines de Tabbaye de Ligugé étaient entre les mains de possesseurs aussi éloignés que l'archev^tie de Bordeaux.

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