D. Font. XXII
et comme on refusa de leur ouvrir les portes, ils les firent voler en éclat et s'emparèrent du criminel. C'était violer manifestement le droit d'asile et celui de haute justice qui appartenaient incontestablement à l'abbé de Nouaillé. Simon du Cimau ne se borna pas à cet acte violent. Il réunit une troupe de satellites à ses ordres, envahit l'église, et le prieuré de Bouresse, et y commit les crimes les plus atroces. C'en était trop, même pour un puissant baron du Poitou , parent des Mortemer. Il fut excommunié, cité à comparaître au tribunal de Philippe , évêque de Poitiers, et du doyen André; il fut condamné à payer dix sous pour dommages et intérêts, à restituer tous les objets volés au prieuré et à l'église, et avenir, en procession , avec ses soldats, les pieds nus, faire amende honorable dans l'église de Bouresse, en présence d'Etienne de Gençay , archiprêtre de Lussac , chargé de l'absoudre des censures ecclésiastiques *.
Pour mieux assurer Texécution de la sentence épiscopale, le même archiprêtre vint au Cimau, dans la maison du seigneur Simon , appelée le Moulin; et là, en présence de l'abbé Raerius, de Gui, prieur, de Guillaume, sacristain de Nouaillé, de Pierre de Maissé, prieur de Bouresse, de frère Guillaume Fontmorin et son socius, de l'Ordre des Prêcheurs, de Simon du Cimau et de sa femme Elisabeth, il fit promettre à Agnès, fille de cette dernière, de renoncer pour toujours aux droits que prétendait son beau-père sur le prieuré de Bouresse, c'est-à-dire au droit d'enlever les paysans de leurs charrues