‹ Saint Martin et son monastère de LigugéChapitre 60 sur 153 · D. Font. XXII · texte numérisé non relu

D. Font. XXII

3. Après bien des vicissitudes, elle est devenue de nos jours la propriété de M. Paulze d'ivoye, ancien préfet de la Vienne, qui habite le château de la Motte, autre fief dont les seigneui-s étaient jadis enterrés dans la petite église de Mézeaux.

Cet épisode de notre histoire locale, joint à la donation du comte Alphonse, reflète assez bien la physionomie de la société , sous le règne de saint Louis : époque de transition où la féodalité essaie par tous les moyens de soumettre à son joug, et l'Église dont l'influence l'irrite, et le peuple des campagnes, trop libre à ses yeux sous la protection de la crosse abbatiale ou épiscopale. Elle crie à l'oppression pour couvrir les cris de l'opprimé. Au milieu de ce conflit entre la barbarie du sabre et la civilisation de la croix , l'Église est, encore assez puissante pour triompher au moment suprême et imposer le repentir; le baron consent à faire amende honorable de ses forfaits en face de la population qu'il a pillée et dévastée. Et au sommet de l'échelle sociale le pouvoir royal se fait un devoir de respecter le pouvoir ecclésiastique et de confirmer ses droits et ses privilèges légitimes. Mais encore quelques pages , et nous verrons cette politique conservatrice vasciller, puis se joindre aux oppresseurs, inaugurant ainsi un système funeste qui devait aboutir à la crise suprême que nous traversons.

Toutefois, comme on l'a vu, notre monastère n'avait pas eu jusqu'ici trop à soufi'rir de cetle situation. La grande figure de saint Martin plaiiait toujours comme une ombre protectrice au-dessus du sanctuaire rempli de sa mémoire vénérée. Mais transportons-nous, sans transition, à la fin de ce treizième siècle.

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