‹ Saint Martin et son monastère de LigugéChapitre 65 sur 153 · Balnze,loc cit. — Archiv. nat. loc. cit · texte numérisé non relu

Balnze,loc cit. — Archiv. nat. loc. cit

2. Clemens etc... Tuam volumus Excellentiam non latere..., quod de consilio physicorum nostronim cîrca principium menais septembris proxime venientis intendimus qusedam prœparatoria sumere, et postmodum purgationem accipere, quae secundum praedictorum physicorum judicium, auctore Domino, valde utilis nobis erit. Quare non oportet te festinare ad dictos nuntios transmittendum ; sed circa médium octobris proxime venientis poteris ad nos mittere nuntios praelibatos. Nos enim ex tnnc ad expeditionem negotiorum tuorum, permittente Altissimo, intenderaus, omnibus aliis prgetermissis.

Sane a memoria tua non credimus excidisse quod Lugduni et Pictavis de facto Templariorum, zelo fidei devotionis accensus, nobis tam per te quam per tuos pluries locutus fuisti, et per Priorem Monasterii Novl de Pictavo aliqua intimare curasti. Et licet ad credendum quae tune dicebantur. cum quasi incredibilia et impossibilia viderentur , nostrum auimum vix potuerimus applicare, quia tamen pi ura incredibilia et inaudita ex tune audivimus de prsedictis, cogimur hsesitare, et Ucot

Puis, passant à la question des Templiers: « Nous « croyons, ajoute^t-il , que vous n'avez pas oublié « qu'à Lyon et à Poitiers, enflammé du zèle de la « foi , vous nous avez plusieurs fois entretenu , soit « directement, soit par intermédiaire, du fait des « Templiers. Vous nous avez fait à ce sujet une « communication par le prieur de Montierneuf de « Poitiers. Et encore que nous eussions peine à « croire véritables les choses qui nous étaient dites, « tant elles paraissaient incroyables et impossibles ,

non sine magna cordis amaritudine , anxietate ac turbatioue, quidquid ordo postulaverit rationis , de consilio Fratrum nostrorum facere in praemissis. Quia vero Magister militiae Templi ac multi praeceptores tam de regno tuo quam aliis ejusdem Ordinis ciun eodem, audito, ut dixerunt, quod tam erga nos, te, quam erga aliquos alios dominos temporales super prsedicto facto multipliciter eorum opinio gravabatur ; a nobis , nedum semel, sed pluries cum magna instantia petierunt quod nos super illis eis f also impositis, ut dicebant, vellemus inquirert veritatem, ac eos, si reperirentur, ut asserebant, inculpabiles, absolvere ; vel ipsos, si reperirentur culpabiles (quod nuUatenus credebant) condemnare vellemus ; Nos, ne circa negotium fidei aliquid negligamus, et quia verbum tuum nobis super iis phii'ieff factnm non modici ponderis arbitramur, ad dictorum Magistri Templariorum instantiara, diligentis inquisition is indaginem inf ra paucos dies, de consilio Fratrum nostrorum propter hoc, instanti die veneris, civitatem Pictavensem intraturi, proponimus inchbare, vel alias in negotio procedere, prout, de Fratrum ipsorum consilio, videbitur utiiius f aciendum : quod super hoc concepimus intimantes et intimaturi tuae Magnilicentiae quod circa praemissa in posterum faciemus , Serenitatem tuam in Domino exhortantes quatinus tuum consilium in ])i-8emissis et informationem quam super iis recepisti, ac quidquid tuœ Providentiae videbitur expedire, nobis per litteras tuas vel nuntios plene ac integraliter e vestigio intimare procures. Datum îN PRIOEATU DE LUGUDIACO Pictavensis diocesis , IX» Kal. septembris pontificatus nostri anno secundo. »

« cependant nous avons entendu répéter, depuis, des

« choses tellement incroyables et inouïes, que nous

« sommes obligé de céder au soupçon ; et , bien

« qu'avec anxiété, trouble et grande amertume de

« cœur, de faire en cette matière, tout ce que la

« raison exigera , d'après le conseil de nos vénéra-

« blés Frères. »

« Toutefois, le Maître du Temple et un grand nom- « bre de précepteurs du même Ordre, tant de votre « royaume que d'autre^ contrées, ayant appris le « grave dommage causé, disent-ils, à leur réputa- « tion par les rapports que vous aviez faits à nous « et à d'autres princes, nous ont supplié avec ins- « tance, non pas une fois, mais plusieurs fois, • d'ordonner une enquête sur les faits qui leur sont, « prétendent-ils , faussement imputés, de les absou- « dre s'ils sont trouvés innocents, ou s'ils sont trouvés « répréhensibles (ce qu'ils ne croyaient nullement), « de les condamner. Pour nous, d'une part, crai- « gnant d'être coupable de quelque négligence dans « une affaire qui intéresse la foi , et d'autre part « prenant en considération les avis plusieurs fois « réitérés que vous nous avez communiqués, confor- « mément aux instances du Grand-Maître desdits « Templiers, nous nous proposons, avec le conseil « de nos Frères, de commencer , sous peu de jours, « à nous livrer à l'examen sérieux de cette inquisi- « tion, et pour cela, vendredi prochain, nous rentre- « rons à Poitiers ; ou bien nous prendi'ons d'autres « moyens de conclure plus utilement cette affaire, « si tel est le sentiment de nos Frères (les cardinaux). « Du reste, de même que nous intimons à Votre Ma- « gnificence les projets ique nous avons formés à ce

« sujet, nous vous intimerons pareillement ce que « nous ferons dans la suite. Nous exhortons dans le « Seigneur Votre Sérénité à nous faire parvenir par « vos lettres ou vos représentants , pleinement et (1 sans aucune restriction, votre avis sur ce que nous (i venons de vous dévoiler et les informations que « vous auriez vous-même reçues à cet égard, aussi « bien que tout ce qui paraîtrait expédient à votre « prudence.

a Donné dans le prieuré de Ligugé. du diocèse de « Poitiers, le IX® jour avant les calendes de septera- <t bre(24 août)^ Tan deuxième de notre pontificat. »

Nous espérons que le lecteur nous pardonnera d'avoir reproduit ici la partie la plus intéressante de celte Lettre Apostolique, la seule peut-être qui ait été écrite dans notre monastère, la seule du moins que l'histoire nous ait conservée. Son importance d'ailleurs n'échappera à personne, et récemment un des plus savants érUdits de la capitale nous a montré qu'elle contenait une véritable révélation historique *. Nous y lisons, en effet , que dès leurs premières entrevues à Lyon et à Poitiers, Clément V et Philippe le Bel avaient agité entre eux, mais non pas décidé, l'affaire des Templiers.

Ce n'est pas le lieu de parler de ce fameux procès et de la dissolution de cet Ordre militaire; nous retrouverons naturellement cette question sur notre chemin dans notre histoire ecclésiastique du Poitou. Il suffit ici de dire que l'Ordre du Temple, né au commencement du xii® siècle, d'une inspiration chrétienne et charitable, avait dévié de sa voie d'une

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