Ughem. Italia Sacra, 1. 1, p
^m^^^^f^^mma^m^m^ i j i i we^»^«^^»w^"r— ^^^^^ ■ ij w ■ ji'g ■ ■«j » . kj
Dans la ville et sans doute aussi dans les environs, vivaient quelques ascètes , livrés à la vie contemplative. Son âme, saisissant aussitôt la grandeur de cette vocation, se sentit fortement attirée vers elle. Et cependant il n'avait guère que douze ans ! Mais si son âge fut pour le but de son zèle une barrière insurmontable, il en conserva précieusement le désir au fond de son cœur ; et dès lors il résolut que le jour où il serait libre, il embrasserait ce genre de vie.
Cependant les circonstances parurent le jeter bien loin de ce rêve favori. Toujours sous le regard soupçonneux de son père, il suivit les cours d'instruction publique, alors d'obligation pour tous les jeunes gens qui pouvaient aspirer aux charges et aux honneurs de l'État , comme le prouve la science qu'il déploya plus tard sur le siège épiscopal de Tours. «Mais, dit Sulpice-Sévère,son cœur était tout entier fixé dans les églises ou dans les monastères, unique objet de ses affections. »
En présence de cette persistance dans une prédilection dont il avait horreur, son père se détermina à saisir la première occasion de l'enrôler dans la milice romaine , persuadé que, sous les drapeaux et au milieu de la licence des camps, s'évanouiraient des désirs qu'il appelait superstitieux.
Toutefois les lois de l'empire ne permettant d'user de violence à cet égard qu'au moment où le jeune homme atteignait l'âge extrême de 25 ans S le père de
1. Voyez l'Appendice I, à la fin du volume. J'avoue que, le texte de la loi portant 35 et non 25 ans pour l'âge de la contrainte par corps du fils de vétérans, j'ai longtemps hésité à embrasser l'opinion du savant Gk)defroy, qui propose de lire 25 ans et non 35. Le motif de mon hésitation consistait dans
saint Martin fut vraisemblablement contraint d'attendre que son fils fût parvenu à cet âge légal pour employer contre lui la puissance de son autorité paternelle. En conséquence, vers Tan 341 ou 342, survint le grave événement qui eut sur la destinée de saint Martin une influence considérable. Son père, profitant de la guerre que soutenait alors Tempereur Constant, fils de Constantin le Grand , contre les Francs , dans les Gaules, dénonça son fils aux officiers chargés du recrutement delà milice *, comme étant sous le coup de la loi par son âge de 2S ans.
Saint Martin, voyant briser ses plus chères espérances, senible avoir opposé quelque résistance à cet acte de violence •. Mais son père, qui voulait absolument détruire ses tendances monastiques, ordonna de le saisir dans sa retraite et de le traîner enchaîné tu bureau d'enrôlement chargé de recevoir les serments militaires. Ces ordres furent exécutés,et Martin fut contraint d'obéir.
la difficulté qu'il y a d'admettre que saint Martin se soit trouvé mêlé aux guerres civiles qui eurent lieu entre Magnence et Constance, en 361. Mais il m'a semblé que cette difficulté n'était pas assez grave pour contre-balancer l'opinion de Godefroy fondée sur des textes.
1. Sed cum edictum esset.^ regiJyiis (Constante et Constantio) ut veteranorum filii ad militiam scriberentur, prodente pâtre qui felicibus ejus actibus invidebat, cum esset annorum XV (lisez XXV) capttis et catenattis sacramentis militaribus implicatus est, une tantum milite contentics (Sulpidi Severi, Vita S. MaHinij cap. 2). Que le lecteur veuille bien remarquer l'expression ti regihns de Sulpice- Sévère ; elle me paraît une preuve très-forte en faveur de la chronologie que nous adoptons.
2. Je dis : acte de vioUiice, parce que les fils de vétérans pouvaient toujours opter entre la millce^e la curie et celle de l'armée.