LE PARADIS
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faire souffrir son esprit; mais elle le faisait souffrir, car elle lui mettait un cilice pointu sur tout le corps, figure un peu hardie pour un esprit , mais qui exprime la douleur que la princesse faisait éprouver à son ami, à la voir dans sa crédulité consulter des somnambules et d'autres praticiens d'un ordre inférieur.
Dans tous les cas , ce n'était pas la personne qui suivait si mal le théosophe dans les hautes sphères de la spiritualité et arrêtait ainsi le libre développement de son esprit, ce n'était pas madame la duchesse de Bourbon, qui, par sa présence, répfiCndait sur la ville de Strasbourg cette magie qui la fit qualifier de paradis. Quels autres attraits ou quels développements inattendus, Saint-Martin, qui n'appréciait les villes, comme les personnes, que d'après leur rang dans l'ordre de ses objets et de ses grandes aspirations, Strasbourg lui a-t-il donc présentés?
Il ne le dit pas nettement, mais il le fait deviner en vingt endroits, où éclate un sentiment unique dans son âme, un sentiment qu'il ne confond avec aucun autre. Il a trouvé à Strasbourg une source de spiritualité, non pas inconnue, mais inabordée jusque-là, Jacques Bœhme. Cette source, un théosophe très-savant, Rodolphe Salzmann, et une femme très-aimable, niadame de Bœckhn, la lui ouvrirent en l'initiant à l'étude de cet illuminé, et en le décidant à apprendre l'allemand, les anciennes traductions , française ou anglaise , du philosophe teutoûique ne pouvant lui donner aucune idée de tout ce que i^enfermaient les originaux.
A ces deux personnages, dont l'un devait prendre la première place dans les affections de Saint-Martin, et