LES SIX
doDt Fautre eut la même place dans celles de Young- Stilling, il s*ea joignit plusieurs autres, qu'on ne nomme qu'en passant. Ce sont le major de Meyer, le baron de Razenried, madame Westermann, et une personne que le voyageur ne désigne que par le nom de la rue qu'elle habitait.
C'est ce groupe de six personnages très-diyers, mais très-liés entre eux, auxquels se rattachaient assurément bien d'autres, qui embellit la vieille et savante cité aux yeux du théosophe. Et je vais essayer de coordonner le mieux qu'il me sera possible ce qu'il m'a été donné de recueillir sur chacun d'eux, les prenant dans l'ordre inverse de leur importance pour Saint-Martin.
La personne qu'il ne nomme pas , mais qui figure dans la correspondance de madame de Bœcklin avec la baronne de Razenried , portait un nom allemand trèspoétique, mais aussi difQcile à écrire qu'à prononcer pour un débutant tel que Saint-Martin. Elle s'appelait mademoiselle Schwing (aile), et son esprit s'élevait volontiers dans les plus hautes régions du monde spirituel. Elle avait des visions ou des apparitions qui ressemblaient plus à celles de Swedenborg qu'à celles de l'abbé Fournie ; elle voyait , non pas comme ce dernier, des esprits d'un ordre supérieur, mais des trépassés ; elle en suivait les progrès ou l'élévation successive dans l'autre monde, à la grande joie de leurs familles et de ceux de ce monde qui s'intéressaient à leur sort.
La dame Westermann avait ces dons de seconde vue qui étaient jadis si communs dans certaines contrées de TAllemagne, de la Suède et de l'Ecosse. Elle voyait, en esprit, suivant les traditions que je consulte, les éyéne-