‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 135 sur 266 · LA PHYSIQUE · texte numérisé non relu

LA PHYSIQUE

festations{>hysiques, des apparitions de la Cause active et intelligente.

Le second, c'est qu'elle avait des apparitions de saint Jean; si bien qu'elle enseignait même le prochain avènement ou le prochain retour de saint Jean. Ce fait est digne d'attention au moins sous un point de vue : c'est que les membres de l'École du Nord se soient occupés du retour de cet apâtre au moment même où deux des philosophes les plus célèbres d'Allemagne, Fichte et Schelling, prenaient saint Jean pour le symbole de l'Église incessamment appelée à remplacer celle de saint Pierre , qui , suivant eux et beaucoup de théologiens du Nord, avait fait son temps.

Le troisième fait que Liebisdorf prend dans le même document, et qui charme fortement ses réminiscences de spéculation grecque, pythagoricienne surtout, c'est que l'École du Nord enseignait cette même migration des âmes que professa l'école de Pythagore avec d'autres sanctuaires de l'Egypte et de l'Orient.

Ce fait aussi mérite notre attention, en ce que le spiritisme enseigne aujourd'hui, sous le nom de rein-carnation^ ce que les théosophes de Copenhague professaient, il y a soixante-dix ans, sous le nom de rota-' tion des âmes.

On voit, d'ailleurs, aisément l'avantage que le dialecticien de Berne voulait tirer, pour sa théorie d'intime communion avec Sophie et le Verbe, de cette doctrine d'aCBnité et de réapparition des âmes. Il hésitait, comme Lavater, sur la métempsycose, mais il donna sept raisons, sept arguments, pour justifier sa croyance au reste, et pour justifier les voyants de Copenhague , qui

▲ l'école du nord. 219

A étaient persuadés, dit-il, que ces manifestations étaient des signes et des émanations de la cause active et intelligente. i>

Pour ajouter plus de poids à ses arguments, Liebisdorf fait sonner beaucoup de noms et de beaux. A ses amis de Bàle et au plus illustre des Suisses depuis la mort de Rousseau , au très-mystique Lavater, il ajoute quelques personnes du premier rang dans une cour du Nord. Il met enfin, ce que nous devons remarquer un peu, ces mots curieux : a Ce n*est pas celle ( la cour) dont vous m'avez parlé dans une de vos lettres , et dont le cabinet ne £sdt pas un pas sans consultations physiques. )» (Lettre du mois de décembre 1793.)

Il y avait donc à cette époque tout un cabinet, un conseil de ministres, qui gouvernaient d'après des consultations physiques!

Mais, soit dit à l'honneur de Saint-Martin, qui veut ci*oire9 mais un peu en philosophe ; qui est mystique, mais avec intelligence, tous ces noms, ces témoignages et ces autorités n'y font rien. 11 ne veut pas qu'on aspire Sophie dans les émanations de la terre végétale ; il attache peu de prix aux manifestations physiques ; il ne nie pas les apparitions de saint Jean, mais il les soumet aux règles d'une saine critique, et il repousse catégoriquement la rotation des âmes.

En général , pour ceux qui suivent les deux jouteurs spirituels, soit dans ce débat, soit dans d'autres, rien de plus piquant que leur lutte. A la moindre idée qu'émet le Français, qui est tout entier à la spiritualité, mais qui aime les expressions empruntées aux sciences physi- •ques , le Bernois , qui est plus versé que lui dans ces

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