AMIS
Martin que madame la duchesse de Bourbon et la comtesse Julie de S. Taiment encore de toute leur amitié ancienne ; plus heureux encore, en raison de ses études devenues si sérieuses, de la tendresse que Saint-Martin lui témoigne et qu'il n'avait point portée à ce degré jusque-là. Saint-Martin s'attacha encore à deux étrangers illustres qu'il n'avait jamais vus, mais dont le baron et madame de Bœckiin lui avaient souvent parlée le conseiller d'Eckartshausen et le professeur Young-Stilling. Il leur fit adresser ses écrits et leur exprima son admiration pour leurs travaux, ainsi que son désir de les connaître personnellement. Il revient si fréquemment dans ses lettres à ces deux noms, ainsi qu'à celui de Lavater, qu'on doit signaler dans ses amitiés une modification réelle : plus de simplicité et une gravité pure de tout mélange.
Quant aux occupations de Saint-Martin à cette époque, elles furent aussi simples et aussi graves que ses relations. 11 écrivait ses lettres au baron et à madame de fiœcklin et corrigeait les épreuves de sa seconde brochure. C'est ce travail sur la politique du jour qui était la grande affaire du philosophe ; on sait qu'il attachait beaucoup de prix à ses publications.
c( Je vous avouerai — écrit-il le 1" novembre 1796, au baron, qui désirait qu*U vit le baron de Gleichen (le fameux imitateur du comte de Saint-Germain) qui a laissé des mémoires si curieux et dont nous avons déjà parlé dans un chapitre précédent comme d'un homme que Saint-Martin aimait peu — « Je vous avouerai que je suis encore ici pour quelque temps, et que j'ai probablement le temps d'y recevoir de vos nouvelles. Il m'est venu des
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idées assez neuves sur le noyau radical de Tassociation humaine, pour que je n'aie pu résister à les mettre par écrit. Mes amis m'ont pressé ensuite de les publier, et je me suis laissé aller à leurs désirs. On est donc occupé en ce moment à Timoression de cet écrit « qui sera à peu près aussi volumineux que ma Lettre à un ami sttr la Révolution française. Mais il n'embrasse pas autant d'objets que cette lettre, qui en embrassait peut-être trop. Il aura peut-être un autre inconvénient, celui de ne pas frapper assez fortement les yeux vulgaires. An reste, je ne fais cette œuvre que pour acquitter ma conscience, qui se sent portée à propager de son mieux le règne et la souveraineté de Dieu ; et quels que soient l'opinion des hommes et le fruit qu'ils tireront de mes faibles efTorts, j'aurai rempli ma tâche, que je me plais à croire qui me sera comptée auprès de notre souverain Mattre. "Cela suffit pour m'encourager et me faire prendre patience sur les événements, quels qu'ils puissent être, rt
A ces raisons qui le retenaient à Paris pendant les derniers mois de 1796, il vint s'en joindre d'autres qui l'y fixèrent encore pendant les premiers mois de l'année suivante. Il avait à peine achevé de corriger son Éclair^ qu'il se mit à un autre travail , plus considérable, qui devait porter le titre de Révélations.
A l'entendre, ce fut pour lancer le premier et rédiger le second qu'il ajournait sans cesse les bouillantes impatiences de le voir que lui manifestait son ami de Berne.
tt En attendant, pour vous dire à quoi je m'occupe, je vous avouerai, lui écrit-il le 30 avril 1796, que j'ai entrepris , un peu pour moi , un peu à la sollicitation de mes amis, un ouvrage qui a pour titre : Révélations na-