DE LA PENSÉE
lion de Tlnstitut national : DétejTniner f influence des signes sur la formation des idées ; tandis qu'il auroit fait une question aussi propre à fournir d'utiles et de solides développements, s'il eût proposé de déterminer Finfluence des idées sur la formation des signes. »
« Car, la source des signes étant le désir^ puisque telle est même celle des idées, il eût été naturel de présumer une plus grande influence de la part du principe [énérateur sur sa production que de celle de la proiuction sur son principe générateur. »
D'abord, cela n'est pas exact oiT du moins n'est exact qu'en partie. Car le désir n'est pas l'origine de toutes nos idées, et dire qu'il l'est de toutes, c'est subordonner l'intelligence au sentiment, c'est lui dénier toute spontanéité, c'est se rapprocher de la sensation exclusive par le «sentiment aspirant à devenir exclusif. Le désir fût-il même la source de toutes les idées, il ne serait pas encore pour cela celle de tous les signes, puisque l'intelligence, une fois nantie des idées, aurait bien mieux que le désir : elle aurait le pouvoir de créer les signes.
Ensuite, ce qu'on vient d'aQirmer serait la vérité ellemême, qu'on ne s'attaquerait pas trës-convenablemenl à ses juges aussi directement ni aussi sèchement.
Et pourtant , si tout le mémoire de Saint - Martin était écrit avec cette autorité dans le ton et cette fermeté de style , l'Académie aurait pu partager le prix entre les deux concurrents. Mais il y a, dans le peu de pages de Saint-Martin, de grandes inégalités de pensée et d'autres défauts, .tandis que le travail couronné, à la fois plus complet et plus égal, reste constamment dans ce ton académique qui est celui de la maison et