‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 232 sur 266 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Développement merveilleux des facultés. •— La couronne. — - Le grand problème de la science des mœurs : Saintr-Martin , type de perfectionnement moral. — Les trois règles de Descartes et les cinq règles de Saint-Martin. — Les idéalités ambitieuses : l'union avec Dieu et la participation à la puissance divine.

Ce qui caractérise les âmes faibles, les intelligences bornées ou médiocres en toute chose, en philosophie comme en religion, c'est Tamour de Tèxtraordinaire , le goût du merveilleux et la crédule propension vers les phénomènes exceptionnels. C'est tout le contraire des raisons puissantes, des fortes intelligences, qui partout s'élèvent à la loi régulatrice, à la cause déterminante. Saint-Martin se tient à cet égard dans la voie naturelle de son esprit , le sage milieu. Il croit à l'extraordinaire en général, il s'en défie en détail. Et dans ce merveilleux ensemble que la tradition mystique porte en son sein, c'est toujours au développement des facultés intellectuelles et morales qu'il s'attache, à leur élévation et à leur transformation par les lumières de la science et de la grâce.

Mais dans ces limites il se donne ample carrière, il a ce double principe, qu'on n'anive aux hautes connais-

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saûces de la théosophie qu'avec une certaine mesure d'intelligence , et que ces études donnent à nos facultés de connaître une ouverture extraordinaire. Il ne croit pas qu'un esprit borné s'y aventure , ni qu'un profane y soit entraîné. Telle est sa sollicitude à cet égard, qu'il écrit à son ami qui emploie un secrétaire : a Avez-vous la mesure de l'intelligence de cette main étrangère pour l'employer...? Et croyez-vous sans inconvénient de la faire participer aux merveilles qui nous occupent l'un et l'autre ? »

Leurs préoccupations et leurs études mutuelles étaient donc des merveilles, m6me à ses yeux !

Il le pensait, en effet. La science divine, celle qu'il a reçue par les écrits de Bœhme, lui a donné, dit-il, (c non pas seulement ce que donne l'étude mystique des nombres, c'est-à-dire V étiquette du sac^ mais la substance même de toutes les opérations divines, de tous les testaments de l'Esprit de Dieu, de l'histoire de l'homme dans tous ses degrés primitifs, actuels et futurs.» (Lettre du 29 messidor 179S.)

N'est-ce pas là une science bien vaste, bien immense et réellement merveilleuse ? et ne faut-il pas que le mysticisme donne aux facultés intellectuelles un développement extraordinaire, tout à fait hors ligne, pour qu'elles parviennent à ce degré d'illumination? Qui ne se ferait initier, si Tinitiation pouvait donner à chacun ce que possédait si bien Saint-Martin, et ce qu'il attribue à Bœhme ? Car, qu'on le sache bien, à ses yeux ce n'est plus là des lumières d'une intelligence humaine qu'il s'agit : il déclare l'intelligence de son maître divine. Ce n'est donc pas à un simple et naturel développe*-

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