DÉBUTS
de clerc tonsuré, ne fut choqué de rien de ce genre. Dans une ville du Nord, travaillée par le scepticisme, on est naturellement plus froid que dans une cité méridionale où règne encore la foi. Il est possible aussi que M. Fournie, dans les renseignements qu'il nous donne, nous traite un peu comme Martinez de Pasqualis traitait ses élèves et ne nous dise que ce qu'il veut. Mais son récit sur la manière dont il fut saisi, recruté et initié, est très-simplement écrit, sans arrière-pensée et ^ans calcul de secte. Il ne se conçoit rien de plus naturel de la part d'un théosophe qui est en même temps théurgiste au degré que nous avons vu, et qui est même un peu plus , qui est émule de Swedenborg pour le domaine des visions. Voici ce récit.
« Quant à moi, chétif instrument de Dieu, en écrivant ce Traité dont je publie aujourd'hui la première partie, j'annonce sans déguisement, pour sa plus grande gloire et pour le salut de nous tous , hommes passés, présents et à venir, que par la grâce de Dieu je n'ai aucune connaissance des sciences humaines, sans pour cela être contre leur culture ; que je n'ai jamais fait d'études, et que je n'ai pas lu d'autres Uvres que les saintes Écritures, l'Imitation de notre divin Maître Jésus-Christ et le petit livre de prières en usage parmi les catholiques sous le titre de Petit Paroissien. A quoi je dois ajouter que j'ai lu depuis environ un an deux ou trois volumes des œuvres de l'humble servante de Dieu, madame Guyon.
c( Après avoir passé ma jeunesse d'une manière tranquille et obscure selon le monde, il plut à Dieu de m'inspirer un désh* ardent que la vie future fût une réalité,