‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 39 sur 266 · COMMERCE SPIRITUEL · texte numérisé non relu

COMMERCE SPIRITUEL

donc que d'après la manière dont les hommes ont reçu jadis et reçoivent encore ceux qui ont des visions , à commencer par les patriarches et les prophètes, j'aurais dû ne pas parler des miennes; mais la volonté et la vérité de Dieu doivent toujours l'emporter sur tout ce que les hommes pourront dire. »

On le voit, l'abbé Fournie est un voyant complet ; c'est un être privilégié. Dans sa vie , ce n'est pas de quelques visions ou de quelques apparitions isolées qu'il s'agit, c'est d'un état permanent, d'un commerce intime avec des esprits, d'une communauté de pensées continuée avec eux pendant des années entières. D'entre tous les élèves de dom Martinez , il n'en est pas un second qui nous dise avoir joui d'un pareil privilège; et seul d'entre tous, le brave ecclésiastique du diocèse de Lyon se place de niveau a\ec ce même Swedenborg qu'il déclare si énergiquement n'avoir pas imité. Singulier siècle que le dix-huitième, dont la première moitié plonge avec amour dans tous les genres de criticisme, et dont la seconde, devenue toute sceptique, nous oflâre William Law en face de Hume, Swedenborg en face de Kant, Saint-Germain, Cagliostro et Martinez de Pasqualis en face de Diderot, de Voltaire et de Rousseau !

Soit que je considère la vie, soit que j'examine les théories de l'abbé Fournie, je le trouve, après Saint- Martin, dont il n'a pas le génie, l'homme le plus considérable de l'École ; et il mérite incontestablement, non pas la seconde place dans les annales d'une œuvre qui jusqu'ici à peine l'a mentionné , mais la moitié de la première. On comprend Saint-Martin sans lui, mais on

ne comprend sans lui ni l'Ecole ni son fondateur. Son

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