LE MOUVEMENT
« Cependant nous les voyons (les astres) conserver leur distance de ce centre, s'en approcher tantôt plus, tantôt moins , selon les lois régulières, et ne jamais le toucher ni s'unir à lui.
c< En vain Ton oppose l'attraction mutuelle de ces astres planétaires, qui fait que, se balançant les uns par les autres, ils se soutiennent mutuellement, et résistent tous par là à l'attraction centrale ; il resterait toujours à demander pourquoi l'attraction mutuelle et particulière de ces centres ne les joint pas d'abord les uns aux autres, pour les précipiter tous ensuite vers le centre commun de leur attraction générale. Car, si leur balancement et leur soutien dépend de leurs différents aspects et d'une certaine position respective, il est sûr que, par leurs mouvements journaliers , cette position varie, et qu'ainsi , depuis longtemps, leur loi d'attraction aurait dû être altérée, de même que le phénomène de permanence qu'on leur attribue.
« On pourrait avoir recours aux étoiles fixes , qui, malgré l'énorme distance où eUes sont des autres astres, peuvent influer sur eux, les attirer comme ceux-ci attirent leur centre commun , et les soutenir ainsi dans leurs mouvements.
« Cette idée paraîtrait grande, sage ; elle semblerait entrer naturellement dans les lois simples de la saine physique. Mais, dans le vrai, elle ne ferait que reculer la difficulté.
« Quoique les étoiles fixes paraissent conserver la même position, nous sonunes si éloignés d'elles, que nous n'avons sur ce point qu'une science de conjecture.