‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 87 sur 266 · MADAME DE COISLIN · texte numérisé non relu

MADAME DE COISLIN

Quant au monde vaincu, en écoutant encore un peu Saint-Martin, nous voyons ce qu'il en était réellement. Il nous apprend , en effet , lui-même qu'il vécut et se répandit à Londres dans le plus grand monde. Avant d'y aller, il s'était déjà trouvé en relation avec madame la marquise de Coislin, la femme de notre ambassadeur à Londres ; et ce fut elle, sans doute, qui l'introduisit, si ce ne fut pas même elle qui l'attira en Angleterre, autant que le pays lui-même. L'intimité de Saint-Martin et de madame de Coislin était assez grande ; et l'influence que la dame du monde exerça sur le philosophe fut plus forte que celui-ci ne l'eût voulue. « Elle aurait desséché mon esprit, » dit-il. Et il ajoute, dans son style figuré, qui devient quelquefois un peu bizarre, « Elle le grattait en-dessous et le déracinait. » Cela veut dire, sans nul doute, qu'elle cherchait à l'arracher au sol céleste où il prenait sa nourriture. Mais, si cela est bien vrai, madame de Coislin ne s'en doutait guère, et elle n'en avait certainement pas l'intention ; seulement elle cherchait à bien létablir son ingrat protégé dans le monde. On peut en appeler à ce qu'elle fit pour qu'il profitât de son séjour à Londres dans l'intérêt de son œuvre. Et il paraît qu'elle y réussit.

<i Avant d'aller en Angleterre, nous dit-il, j'avais fait connaissance, à Paris, chez madame de Coislin, de milord Beau champs, fils de milord Erfort (Hereford) , cidevant ambassadeur en France. Je reçus de lui beaucoup d'honnêtetés en Angleterre. Nous allâmes ensemble à Windsor, où nous vîmes le fameux Herschell.

a Ce lord ne me cherchait que par rapport à mes objets. Mais je ne restais pas assez longtemps pour lui

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