‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 109 sur 360 · LE PORTRAIT · texte numérisé non relu

LE PORTRAIT

Martin , au contraire, ne goûtait pas madame Guyon, parlait peu ou point de Fénelon, et ajoutait volontiers à la portée légitime des saintes Écritures les traditions occultes de son ancien maître, dom Martinez. Enfin, Salzmann, tout en tenant beaucoup à l’existence du monde spirituel et à la science de nos rapports avec lui, rejetait absolument la théurgie , dans ses opérations comme dans ses principes. Saint-Martin, au contraire, blâmant les opérations, professait les principes de l’art. D’ailleurs , la piété sincère et les sérieuses aspirations qui devaient rapprocher les deux théosophes ne les unirent pas. La stoïque austérité de l’un, si adoucie qu’elle fût dans ses formes et dans son langage, contrastait trop avec l’humble et gracieuse tenue d’ftme de l’autre, pour que leurs rapports prissent les caractères de l’intimité et les conditions de la permanence. Au moment de la séparation, ce fut, non pas à Salzmann que Saint-Martin donna son portrait, mais à madame Salzmann, femme d’un grand caractère, d’une rare prudence et plus sceptique que croyante, mais pleine d’admiration pour la séduisante humilité du mystique. Après leur séparation ils n’échangèrent plus que quelques lettres*. A la correspondance de Salzmann Saint-Martin préféra celle du baron de Liebisdorf, qui sympathisait avec ses principes théurgiques et l’aidait dans ses traductions de Dœhine ; à la correspondance de Saint-Martin, Salzmann préféra celle du conseiller Young-Stilling, qui sympathisait avec ses doctrines millénaires et l’assistait dans ses études pneumatologiques.

La première, la plus grande place dans les affections spirituelles de Saint-Martin , fut prise par madame de

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Bœcklin ; c’est à elle qu’il aime à rapporter le plus fécond événement de sa vie d’études, la connaissance du théosophe de Gœrlitz. Et de môme qu’il mit le célèbre philosophe teutonique au-dessus de tous ses autres maîtres, il mit madame de Bœcklin au-dessus de toutes ses autres amies. D’après mes notes, il adonné trois fois son portrait, et je viens de nommer celle des trois personnes qui a reçu de sa main La charmante gouache aux traits fins et inspirés que j’ai recueillie. Madame de Bœcklin est la seconde ; mais je dois dire que dans la pensée de Saint-Martin il n’y avait pas de comparaison possible entre elle et les deux autres. La place que cette aimable Allemande occupait dans son âme est, je crois, unique môme dans l'histoire du mysticisme. Du moins je n’y connais pas d’autre Égérie qui ait été l’objet, de la part d’un théosophe, de sentiments aussi élevés, rendus dans des termes aussi vifs que le sont ceux de Saint- Martin parlant dç madame de Bœcklin.

Il la célèbre tantôt d’une façon attentivement choisie, tantôt héroïquement familière. C’est elle qui est ma B.

Dès le début de sa note sur Strasbourg, il dit sur les noms qu’il teut fixer dans sa mémoire : « Le nom de ma chcre B. est à part de tous ces noms. » Et dès le début de leur liaison son amie B. est son oracle. « Ma B. me fit consulter la cordonnière Westermann, lors de l’aventure romanesque. » Ces deux lignes sont, à la vérité, tout ce que madame de Bœcklin obtient de lui dans cette note. Mais si Strasbourg est pour lui la ville de France par excellence et son paradis, c’est grâce à madame de Bœcklin. Et s’il regarde comme un malheur, comme une catastrophe, d’être arraché de Stras-

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bourg, c’est qu’il lui faut se séparer de madame de Bœcklin. On ne saurait le dire mieux qu’il ne le fait.

« Un des traits de celui qui n’a cessé de me combattre (on verra qui), est ce qui m’arriva à Strasbourg en 1791. Il y avait trois ans que j’y voyais tous les jours mon amie intime; nous avions eu depuis longtemps le projet de demeurer ensemble sans avoir pu l’exécuter; enfin nous l’exécutons. Mais ait bout de deux mois, il fallut quitter mon paradis pour aller soigner mon père. La bagarre de la fuite du roi me fit retourner de Lunéville à Strasbourg, où je passai encore quinze jours avec mon amie; mais il fallut en venir à la séparation. Je me recommandais au magnifique Dieu de ma vie pour être dispensé de boire cette coupe; mais je lus clairement que, quoique ce sacrifice fût horrible, il le fallait faire, et je le fis en versant un torrent de larmes.

« L’année suivante, à Pâques, tout était arrangé pour retourner près de mon amie, une nouvelle maladie de mon père vient encore à point nommé arrêter tous mes projets... » (Port., 187.)

Comment qualifier et comment expliquer ce langage?

Serait-ce là un feuillet arraché de quelque roman sentimental du dernier siècle? Gœthe, violemment séparé par ordre de son père d’auprès de mademoiselle Frédérique Brion de Sessenheim, aurait-il peint autrement son désespoir?

Dans tous les cas, Alfiéri se séparant à Rome de la comtesse Albany ne gémit pas plus pathétiquement.

C’est là peut-être faire un rapprochement téméraire. Mais il ne saurait compromettre M. de Saint-Martin, car il ne peut y avoir eu d’autre affection entre lui et

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Charlotte de Bœcklin qu’un amour purement platonique. En effet, c’est en vain qu’on admettrait, pour la plus facile des explications , la plus simple des hypothèses, un de ces sentiments profanes qui se glissent d’autant plus facilement dans les âmes mystiques qu’elles sont plus disposées à de saintes tendresses et moins défiantes en raison même d’une pureté qu’aucune défaillance n’a pu éclairer encore. D’abord M. de Saint-Martin n'est pas uu novice. Use connaît eu attachements. Nous l’avons vu, ceux de sa jeunesse, encore trop présents à sa pensée, sont une des plus amères douleurs de sa vie. Il se les reproche, et il n’étalerait pas avec tant d’abandon , il ne glorifierait pas d’une manière si éclatante la plus nouvelle de ses faiblesses, si elle ressemblait aux plus anciennes. Sans doute il y a bien des nuances dans l’amitié, et il est évident que jamais Saint-Martin n’a eu des sentiments et des mots pareils pour aucun homme; mais il aime les traits saillants et les figures hardies. D’ailleurs la preuve qu’il ne s’agit dans tout cela que d’une de ces amitiés exaltées et de ces tendresses mystiques qui se conçoivent si bien dans le commerce des âmes spirituelles, c’est que madame de Bœcklin, née la même année que Saint-Martin, et par conséquent âgée de quarante-huit ans, était alors mère de plusieurs enfants et graud’mère; que l’aînée de ses filles était mariée depuis quelques années à M. de Montrichard, qui fut depuis lieutenant général. Madame de Bœcklin, même beaucoup plus jeune, n’eùt pas prêté davantage à de communes inductions, et si avancée qu’elle fût en âge, son rare mérite explique parfaitement le style de son ami. Allemande bien née, très-

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instruite, portant avec honneur et avec un grand air, avec l’air de son caractère un peu impérieux, un des beaux noms de l’Alsace, belle encore, elle joignait à ces avantages tous les attraits de la bonté la plus aimable et la plus aimante. Mais elle se fût bien gardée de nourrir une passion dont elle connaissait les violences et les châtiments par la vie du frivole époux dont elle était séparée', et dont elle avait à commander les respects par sa conduite. Sa position était difficile. Protestante de naissance et devenue catholique par des considérations de famille, elle sut, avec toute la délicatesse de tenue que donnent le monde, l’étude et son sexe, concilier les égards dus aux prêtres qui la dirigeaient avec les convictions évangéliques qu’elle gardait. Je vois dans ses lettres qu’elle accorda fort bien, avec les goûts de mysticité qu’elle avait pris, les habitudes d’une grande liberté d’esprit. Elle se nourrissait de Jacques Bœhme, et traitait le théosophe Salzmann comme un maître vénéré. Elle distinguait, elle aimait Saint-Martin plus qu’aucun autre, mais aucun indice ne prouve que son exaltation ait jamais égalé celle de Saint-Martin. Dans une correspondance intime, qu’elle commença quatre ans seulement après la mort de Saint-Martin et qui dura jusqu’en 1818, avec sa meilleure amie, la baronne de Razenried, le nom de Saint-Martin n’est pas mentionné une seule fois. Elle parlait de lui avec les rares amis de sa modeste vieillesse, mais peu et sans que jamais sa parole permît d’en induire autre chose qu’un sincère attachement, je le sais, et elle mettait infiniment au-dessus de lui leur maître commun, Jacques Bœhme, dont elle demeura la docile élève.

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Sans doute, pour mieux apprécier ces rapports, c’est sa correspondance avec son ami continuée jusqu’en 1803 qu’il faudrait pouvoir consulter, et j’espère bien qu'elle n’est pas détruite; mais, jusqu’à ce jour, tous les efforts que j’ai pu faire pour la retrouver sont demeurés stériles. Et, à vrai dire, si ceux qui la possèdent veulent bien, dans l’intérêt d’une curieuse étude à faire et d’une belle amitié à produire au grand jour, consentir à la faire connaître , je suis bien assuré qu’elle ne compromettra personne. Une amie de Saint-Martin aimait à lui dire que ses yeux étaient doublés d’âme, et je crois bien que cette amie est celle dont il s’agit; mais la réponse même de Saint-Martin montre combien la remarque de madame de Bœcklin était pure. Elle avait aux yeux de son ami le grand mérite de reproduire sous une forme acceptable les remarques trop vives et trop directes que les regards de mesdames de Menou et de la Musanchère lui avaient adressées dans sa jeunesse à Nantes. Je ne crois pas d’ailleurs que la correspondance désirée ajouterait beaucoup de traits nouveaux à la physionomie de ces rapports, telle que nous la connaissons.

Pour le reste, il ne doit entrer dans l’idée de personne de vouloir discuter une question de goût , à savoir si madame de Bœcklin avait bien réellement, sur toutes les personnes de son sexe, cette supériorité que lui attribue un juge éminent, élevé à bonne école et recherché des femmes les plus distinguées de son temps. A mon jugement, la correspondance de madame de Bœcklin avec madame de Razenried n’explique pas l’enthousiasme, mais justifie fort bien la sérieuse permanence de l’amitié de Saint-Martin, amitié dont il donne lui-même les

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motifs et dépeint le caractère. En effet, c’est le progrès que madame de Bœcklin lui a fait faire dans la haute spiritualité, le rare don qu’elle possédait de l’élever par sa parole, si ce n’est par sa seule présence, dans les plus hautes sphères de la mysticité, don qu’il ne parait avoir trouvé au même degré dans aucune autre de ses amies — c’est là ce qui la mettait pour lui hors ligne, ravissait son esprit , et faisait de Strasbourg un paradis qui lui rendait insipide tout autre lieu.

«Il y a, nous dit-il dans ses notes, trois villes en France dont l’une est mon paradis, et c’est Strasbourg; l’autre est mon enfer (Amboise) , et l’autre est mon purgatoire (Paris).

« Dans mon paradis, je pouvois parler et entendre parler régulièrement des vérités que j’aime; dans mon enfer, je ne pouvois ni en parler, ni en entendre parler, parce que tout ce qui tenoit à l’esprit y étoit antipathique : c'étoit proprement un enfer de glace; dans mon purgatoire, je ne pouvois guère en parler, et je n’en enlendois jamais parler que de biais ; mais encore valait-il mieux en entendre parler de biais ou de bricole que de n’en entendre parler du tout : aussi je me tenois dans mon purgatoire quand je ne pouvois pas aller dans mon paradis. » (Portr., 282.)

Le grand moyen employé par la magicienne célébrée si solennellement pour charmer en même temps qu’élever l’esprit de son ami, ce fut absolument le même qtl’en chrétienne convaincue et sévèrement conduite par les épreuves , elle emploie aussi dans sa correspondance avec son amie : la parole des textes sacrés gravés dans sa mémoire par l’éducation de sa jeunesse, parole

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qu’elle ne cessait de lire et qu’elle cite, devenue mystique et catholique, comme aurait pu le faire la huguenote la plus biblique du seizième siècle. C’est là, sans nul dpute , ce qui explique quelques - uns des plus beaux et plus emphatiques éloges que son ami prodigue aux saiutes Écritures, et le sincère amour qu’il leur porte, quoiqu’il les déserte ou les dépasse sans cesse pour ses doctrines propres. Il est sensible à l’autorité de ces textes ; mais il faut que ce soit son amie qui les lui cite pour qu’il en ressente toute la puissance dans ses épreuves, ses peines et ses douleurs. Écoutons-le, à ce sujet, sur une des années les plus graves de sa vie : «Vers la moitié du mois de septembre, l’an 1792, j’ay été rappelé, par autorité de mon père, de mon paisible séjour de Petit-Bourg à Amboise. Sans les puissants secours de mou ami Bcehme, et sans les lettres de ma chérissime amie B..., j’aurois été anéanti dès les premiers moments que j’ay été rendu dans ma ville paternelle, tant étoient nuis les soins que j’avois à y rendre et les appuis que j’avois à y attendre. Encore, malgré ces deux soutiens, j’ay éprouvé de telles secousses de néant, que je puis dire avoir appris à y connaître l’enfer de glace et de privation. Cependant j’y ai trouvé aussi quelques légers tempéraments, et j’en parlerai dans des articles à part; mais, hélas! combien ces tempéraments sont faibles en raison de ce qu’il me faudroit ! Mon Dieu ! mon Dieu ! que votre volonté soit faite ! Ma chérissime amie me manda à ce sujet le passage de saint Paul (I Cor., vu, 20) : Que chacun reste dans la vocation où Dieu l’a appelé. 11 y a un grand sens pour moi dans cette citation; car j’étois sous cette

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même puissance lorsque l’on m’a ouvert la carrière. »

J’avoue, pour mon compte, qu’ici je ne comprends pas tout. Saint-Martin se plaint des secousses de néant qu’il a éprouvées, par la raison qu’il avait si peu de devoirs à rendre à son père et si peu d’appuis à attendre des gens d’Amboise. Le sentiment de son inutilité et la privation si subitement venue de tout ce qui l’avait charmé à Strasbourg, ont pu lui peser; mais sage et pieux, ayant Bœhme et les lettres de son amie, comment s’est-il laissé aller à ce qu’il appelle des secousses de néant? Qu’est-ce que ces secousses? Sont-ce encore de ces idées de mort, de ces éblouissements d’esprit, de ces aberrations de cœur qui l’avaient légèrement secoué dans d’autres occasions? Est-ce là ce qui explique le recours de son amie à la voix des textes sacrés, à cette solennelle parole : Que chacun reste dans la vocation où Dieu l’a appelé? Ou bien ne s’agit-il que d’amener le théosophe à se résigner au rôle que Dieu lui donne auprès de son père? Mais alors que veulent dire ces mots énigmatiques : « J’étais sous cette même puissance quand on m’a ouvert la carrière. » D’ordinaire il désigne ainsi l'époque de son initiation à Bordeaux. Avait-il alors des secousses de néant? Et à quelle puissance les attribuait-il?

Que de mystères il reste toujours dans la vie de l’homme, même de celui qui se peint avec le plus de modestie et de sincérité !

On dira peut-être que l’amour des saintes lettres et ce culte de Bœhme, que madame de Bœcklin sut inspirer à son ami, n’expliquent pas tout ce qui est en question ; que les mêmes textes sacrés cités au théosophe par le

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plus éloquent des prêtres ou le plus saint des fidèles, par saint Paul lui-même, n’auraient pas fait sur lui la même impression qu’en lui arrivant par la plume d’une femme d’un grand air et belle encore. J’en conviens, et j’ajouterai qu’au dire de plusieurs personnes, la parole de cette femme avait tous ces rares attraits d’esprit et de douceur qui sont comme les privilèges de son sexe. Mais je n’admets pas que cela éclaircisse en rien la question, car Saint-Martin, qui se plaint si poétiquement de l'influence funeste que les femmes, y compris madame de Bourbon, ont exercée sur son esprit, n’aurait jamais rendu des hommages aussi éclatants à des qualités essentiellement féminines. Et il nous dit trèssérieusement que madame de Boecklin n’était pas femme.

« Souvent j’ay remarqué que les femmes, et ceux des hommes qui se laissoient féminiser dans leur esprit, étoient sujets à nationaliser les questions de choses, comme le ministère anglois a voulu nationaliser la guerre qu’il nous a faite en cette présente année 1793. Elles songent plutôt à mettre à couvert leur individu que la vérité et la justice. J’excepte toujours de ce jugement ma délicieuse amie B..., qui n’est pas femme.* (Portr., 348.)

Cela coupe court à toute hypothèse qui voudrait voir des faiblesses où il n’y eut que des affections sublimes.

En somme, il demeure bien constant que ce fut une heureuse mortelle que madame de Boecklin de Bcecke linsau, née Charlotte de Rœderl Unique dans les annales de l’humanité, à toutes les grâces de son sexe elle a joint toutes les qualités du nôtre ! Elle a eu du nôtre tout ce qui le distingue le plus, l’autorité et toutes les

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vertus de l’esprit! Et cela au jugement du plus illustre de ses amis et du plus célèbre des mystiques de notre âge.

Cependant ce ne fut pas elle seule, et ce ne furent pas les seules études qu’elle fit faire à Saint-Martin qui amenèrent dans les vues de son ami le progrès et la révolution philosophique qu’il date de Strasbourg.

Ce fut d’abord sur les conseils d’un personnage qu’il ne nomme même pas dans sa note sur cette ville, qu’il entreprit l’ouvrage qu’il y écrivit. Ce furent ensuite quelques circonstances spéciales qui modifièrent profondément sa pensée. 11 y a donc lieu de compléter, par toutes sortes d’indications, sa note très-incomplète sous plusieurs rapports.

En effet, M. de Saint-Martin, arrivé dans la vieille cité des bords du Rhin avec des vues assez étroites en matière de science, d’histoire, de philosophie et de critique, en sortit au bout de trois ans avec des lumières générales qu’aucune femme, si distinguée qu’elle fût, ni aucun homme, n’avait pu lui donner, et il n’a pu les tenir que de l’ensemble des idées et du mouvement au sein duquel il avait vécu, observateur d’un esprit trèsdélié, d’une âme susceptible du plus rapide et plus considérable développement.

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