‹ Saint-Martin, le philosophe inconnu, sa vie et ses écrits, son maitre Martínez et leurs groupes d'après des documents inéditsChapitre 121 sur 360 · LE MOUVEMENT · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT

prit ainsi formé, très-impressionnable et très-excité, avait été profondément frappé du spectacle de la libre Angleterre. Tout à coup transporté en Italie, il passe de Rome, sans transition, dans une ville française de nom, mais allemande et protestante de pensée ; une ville où se plaisait singulièrement une colonie française trèsnombreuse et très-puissante, mais pleine de curiosité et de déférence pour les nouveautés où elle se trouva mêlée et qu’elle n’avait pas même soupçonnées de loin. A ce moment cela donnait à Strasbourg le plus singulier aspect. De3 étrangers distingués par la naissance et par la fortune, attirés par l’amour de cette espèce de France encore si allemande et si cordiale de mœurs, mais déjà si française de sympathies et d’idées, ajon*taient aux agréments du commerce et aux sources d’instruction. En général, cette époque était belle. On était en 1788. C’était l’aurore des plus vives aspirations de la pensée nationale à ses plus glorieuses destinées. Les utopies de la raison, car elle aussi a ses utopies, n’étaiedt pas exclues de ce mouvement universel mais d’ailleurs très-pacifique des esprits. Des accents émus, retentissant sur les rives un peu agitées de la Seine , faisaient vibrer tous les cœurs parmi ces Français des bords du Rhin, si jeunes encore dans les annales du pays. Dans les contrées voisines, le mouvement, un peu autre, n’était pas moins beau. 11 était plus grave. C’était l’ère des plus grands et plus hardis enseignements de la philosophie allemande. Le magnifique complément de la Critique de la raison pure , celle de la raison pratique parut au moment même où le Philosophe inconnu , déjà célèbre, venait de s’installer à Strasbourg. 11 ne

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